La famine continue de ravager l’Afghanistan : “Papa, donne-nous du pain”
L’Afghanistan est plongé dans une crise humanitaire sans précédent. Le pays fait face à des niveaux de faim record, avec 4,7 millions de personnes, soit plus de 10 % de sa population, au bord de la famine, selon un rapport de la BBC. Les Nations unies estiment que trois personnes sur quatre ne parviennent pas à satisfaire leurs besoins fondamentaux. La situation est exacerbée par un chômage endémique, un système de santé en difficulté et une aide humanitaire qui a considérablement diminué.
Rabani, un habitant de la province de Ghor, témoigne de cette détresse : “J’ai reçu un appel m’indiquant que mes enfants n’avaient pas mangé depuis deux jours. J’ai eu envie de me suicider. Mais je me suis dit : ‘En quoi cela aiderait-il ma famille ?’”
Baisse de l’aide internationale
Khwaja Ahmad, un autre résident, déclare : “Nous mourons de faim. Mes aînés sont morts, alors je dois travailler pour nourrir ma famille. Mais je suis vieux, alors personne ne veut m’embaucher.” Les effets dévastateurs du chômage sont visibles partout. Abdul Rashid Azimi, également de Ghor, confie : “Je suis prêt à vendre mes filles. Je rentre du travail les lèvres desséchées, affamé, assoiffé, angoissé et désorienté. Mes enfants viennent me voir en disant : ‘Papa, donne-nous du pain.’ Mais que puis-je leur donner ? Où est le travail ?”
Auparavant, des millions d’Afghans recevaient de la farine, de l’huile de cuisson et des compléments alimentaires. Cependant, les États-Unis, qui étaient autrefois le principal donateur, ont presque totalement suspendu leur aide l’an dernier, suivis par d’autres pays.
Mortalités infantile en hausse
Dans ce contexte de crise, la mortalité infantile a considérablement augmenté. À l’hôpital de Chaghcharan, le service de néonatologie est saturé. “Tous les lits sont occupés, certains même par deux bébés. La plupart sont en sous-poids et une majorité d’entre eux rencontrent des difficultés à respirer seuls”, rapportent des sources médicales.
Des mères, comme celle de jumelles nées prématurément, sont également très affaiblies, n’ayant presque rien mangé pendant leur grossesse, se contentant de pain et de thé.
Le travail des enfants en hausse
Les sécheresses répétées et le manque de revenus ont plongé de nombreuses familles rurales dans une précarité extrême. Beaucoup de personnes, qui travaillaient auparavant en Iran, ont été expulsées et renvoyées en Afghanistan, aggravant la crise. Abdul Jabbar, un habitant de Ghor, témoigne : “La sécheresse dure depuis des années. Les exploitations agricoles sont ravagées.”
Selon Tolo News, la pauvreté croissante entraîne une augmentation du travail des enfants. Des enfants, au lieu d’aller à l’école, passent de longues heures à travailler dans les rues pour subvenir aux besoins de leurs familles. Shahabuddin, un habitant de Kaboul, souligne : “Lorsque nous nous déplaçons dans la ville, nous voyons de jeunes enfants ramasser des bouteilles et nettoyer les vitres des voitures. Il faut accorder plus d’attention à ces enfants.”
Source : BBC, Tolo News.
