Le risque, c’est la faillite : face aux nouvelles règles de mise à l’eau, les loueurs de bateaux fustigent la mairie d’Annecy
À Annecy, la mairie a récemment mis en place une réglementation visant à limiter les locations de bateaux à moteur. Cette nouvelle me interdit aux professionnels de mettre à l’eau leurs embarcations depuis des plateformes publiques, provoquant ainsi la colère des entrepreneurs du secteur.
Plusieurs fois par jour, au ponton public des Marquisats, Félix, loueur de bateaux, accueille ses clients. Son premier geste est de rappeler les consignes de sécurité : « Vous devez toujours rester en dehors de cette zone jusqu’à ce que vous la retraversiez pour rentrer au port », précise-t-il. En deuxième saison au lac d’Annecy, Félix possède une flotte de quatre bateaux, mais pas de ponton d’amarrage fixe. Son activité est désormais menacée par la nouvelle réglementation adoptée par la municipalité, qui vise à restreindre l’utilisation des plateformes publiques.
Le maire d’Annecy, Antoine Armand (Renaissance), justifie cette décision par la nécessité de préserver l’espace public. « Mon travail, c’est que cet endroit ne devienne pas Disneyland », affirme-t-il. Face à une situation qui s’est aggravée ces dernières années, l’édile a décidé de limiter le stationnement des embarcations à 15 minutes par personne et d’interdire leur utilisation à des fins commerciales.
Félix exprime son mécontentement : « Nous ne sommes pas contre le fait d’avoir des règles, nous aurions simplement aimé en être informés. Là, on les change au beau milieu de la saison sans nous concerter alors que nous avons dû faire de lourds investissements. Le risque, c’est la faillite pour nos entreprises. » Karim Rachidi, un autre loueur, ajoute : « Les bateaux sont à peine amortis, on arrive enfin à se tirer des salaires et maintenant, le maire veut nous prendre notre travail. »
La mairie, quant à elle, n’a pas fourni de chiffres sur la fréquentation du ponton des Marquisats, utilisé par des professionnels comme des particuliers. Le maire précise que cet arrêté vise à mettre un terme aux pratiques non encadrées et à garantir la sécurité des usagers ainsi que la protection du lac. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 150 euros.
Cette situation illustre les tensions croissantes entre la réglementation municipale et les intérêts économiques des loueurs de bateaux, qui voient leur activité mise en péril par des décisions prises sans concertation.
Source : France 3 Régions


