Extradition menacée pour une doctorante tourangelle jugée « terroriste » par la Turquie

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Considérée comme « terroriste » par la Turquie, une doctorante tourangelle sous la menace d’une extradition

Bénéficiant du statut de réfugiée politique en France, Jülide Yazici a été arrêtée en Albanie au début du mois d’août 2026. Le régime d’Erdogan demande l’extradition de la doctorante en philosophie, qui vit à Tours.

Déjà un mois derrière les barreaux. Partie pour des vacances en Albanie, Jülide Yazici a été interpellée dès sa descente d’avion à l’aéroport de Tirana, le 4 août dernier, sur un mandat Interpol émis à la demande de la Turquie. La justice a ordonné son placement en détention provisoire le 7 août, dans l’attente d’une extradition vers la Turquie. La jeune femme est depuis lors incarcérée dans la prison de Pojske, à la frontière avec la Macédoine du Nord.

Militante de gauche, proche du mouvement kurde, Jülide Yazici a fait l’objet de poursuites judiciaires et a dû quitter précipitamment son pays, la Turquie. Arrivée en France en 2018, la jeune femme y a été reconnue comme réfugiée politique en 2021, en raison des risques de mauvais traitements et de persécution en cas de retour.

Bien intégrée dans son pays d’accueil, Jülide, âgée de 32 ans, a construit sa vie en poursuivant ses études et en décrochant un master en philosophie. Un temps enseignante dans le Maine-et-Loire, elle s’est finalement installée à Tours, où elle a été admise en doctorat.

Poursuivie pour « fourniture de soutien logistique à une organisation terroriste » et « participation à un groupe terroriste », Jülide Yazici a été condamnée par contumace à quatre ans et deux mois de prison par la justice turque. Sans le savoir, elle était visée par un mandat Interpol émis par son pays d’origine. Sa tentative de vacances en Albanie s’est transformée en incarcération.

Dans la torpeur du mois d’août, plusieurs comités de soutien à Jülide se sont formés pour exiger sa libération immédiate, avec des manifestations organisées à Tours et à Paris. Les soutiens affirment que le statut de réfugiée de Jülide doit être respecté et que la France doit intervenir pour garantir sa protection.

Émise par son avocat, la demande d’assignation à résidence a été rejetée, laissant Jülide incarcérée en Albanie. La durée de la procédure d’extradition reste incertaine.

Une réunion publique sur la situation de Jülide Yazici est prévue à l’Université de Tours, le 8 septembre à 18h.

Source : France 3 Régions

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