À la Une: extraire de l’or à tout prix - Revue de presse Afrique

À la Une : Extraire de l’or à tout prix

Et même au péril de sa vie. Chaque jour, des milliers d’orpailleurs creusent le sol africain avec des outils rudimentaires, que ce soit au Ghana, au Mali, en Afrique du Sud, en RDC ou au Burkina Faso. Le dernier drame en date a eu lieu dans la mine d’or artisanale de Zamboï, en République centrafricaine, où un glissement de terrain a causé la mort d’au moins 100 personnes.

Les éboulements sont fréquents dans cette région, dont les sols sont riches en or et souvent exploités illégalement, sans aucun contrôle étatique, souligne Le Monde Afrique. Le Cameroun a mis en place un nouveau code minier en 2023 et a récemment renforcé les contrôles dans la filière aurifère, après avoir constaté un écart significatif entre les exportations d’or déclarées et les importations. Plus de 200 sociétés opèrent sans autorisation au Cameroun.

Le parquet de Baboua, près de la mine, a ouvert une enquête judiciaire. Le maire de Garoua-Boulaï, Adamou Abdon, a attribué le drame aux fortes pluies récentes qui ont fragilisé des sols déjà instables. Ce type d’accident n’est pas une surprise, car des avertissements avaient été émis concernant les conditions de sécurité déplorables dans lesquelles travaillent les orpailleurs.

WakatSéra dénonce ce qu’il appelle « l’or de la mort », précisant que ces mines, présentes par milliers sur le continent, ne respectent ni les mes de sécurité ni les règles d’hygiène élémentaires. La vie humaine semble avoir peu de valeur dans ces zones, où la quête de richesse peut mener à des tragédies.

Malgré ces dangers, l’or prend une place prépondérante dans les économies africaines. En 2022, la République centrafricaine a exporté 313 millions de dollars de métal jaune. Cette situation soulève des questions sur la gouvernance du secteur minier. Les autorités s’efforcent de renforcer la traçabilité des flux, alors que la présence d’opérateurs étrangers, notamment russes, complique le tableau. L’enjeu pour les autorités de Bangui est de transformer cette manne aurifère en levier de développement durable, en améliorant la fiscalité minière et en canalisant une partie des recettes vers la diversification économique.

Source : Le Monde Afrique, L’Infodrome, WakatSéra, Afric Telegraph.

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