On s’attend à une grosse répression : les familles installées devant le Samu social vont être expulsées

Après 51 jours de protestation, les 400 demandeurs de toit ont jusqu’à 20 heures ce mercredi 12 août pour quitter le campement installé devant le siège du Samu social, situé rue Jean-Baptiste Berlier dans le 13e arrondissement de Paris. Les grévistes du Samu social, soutenus par l’association Utopia 56, dénoncent l’absence de solution d’hébergement.

Les familles, qui passent encore une nuit dans la rue, s’inquiètent d’un dispositif policier renforcé. Luc, coordinateur d’Utopia 56 Paris, s’exprime : « On s’attend à un très gros dispositif policier, une grosse répression avec des arrestations et des mises en Centre de rétention administratif. » La Préfecture de police a émis un arrêté d’évacuation, menaçant d’expulser les familles par la force dès jeudi matin à 6 heures si elles ne quittent pas les lieux.

Cette situation survient au 51e jour de grève des travailleurs du Samu social, qui protestent contre la décision du préfet de région de ne pas maintenir 1200 places d’hébergement supplémentaires ouvertes cet hiver, alors que le service est déjà surchargé. Près de 400 personnes, dont des familles, se sont jointes à cette lutte pour demander un toit.

Un communiqué de la direction du Samu social, qui devait être discuté lors d’une réunion le 17 juillet, n’a pas abouti à des solutions concrètes. Elena Sauteray, éducatrice en centre d’hébergement Samu social Paris, rapporte que les promesses de la direction manquent de garanties. Malgré des propositions d’utilisation temporaire de gymnases pour l’hébergement, la direction semble s’en tenir à la politique de la Préfecture de police.

La Préfecture propose des places d’hébergement temporaires de trois semaines, mais cela a déjà été refusé par les familles. Luc Viger, d’Utopia 56, souligne que de nombreux enfants sont scolarisés à Paris, et que d’autres y ont des suivis administratifs et médicaux. « L’État ne remplit pas ses obligations légales, » ajoute-t-il.

Selon l’article L. 552-8 du CESEDA, l’Office français de l’immigration et de l’intégration doit proposer un lieu d’hébergement aux demandeurs d’asile. De plus, l’article 17 de la directive 2013/33/UE impose aux États de garantir des conditions matérielles d’accueil adéquates.

Luc Viger alerte sur les conséquences de cette expulsion : « C’est 400 personnes de plus qui vont se retrouver à attendre devant l’Hôtel de ville. » En période estivale, le dispositif de mise à l’abri d’Utopia 56 offre habituellement 150 places, mais en été, cela tombe à environ 120.

Enfin, il est à noter que 300 SMS d’expulsions ont été envoyés aux personnes précédemment hébergées dans le cadre du plan Grand froid, ce qui pourrait conduire près de 700 individus, dont des enfants, à se retrouver à la rue, en pleine canicule.

Source : France 3 Régions.

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