Au musée de Grenoble, une exposition rare révèle un pionnier oublié de l’art moderne
Jusqu’au 30 août, le musée de Grenoble présente une rétrospective du travail de Léon Tutundjian, un artiste né en Asie Mineure et installé à Paris à partir de 1924. Cette exposition est une occasion unique de découvrir l’ensemble de son œuvre, qui inclut des reliefs en bois et métal peint, ainsi que des dessins aux motifs biomorphiques. Les créations de ses débuts et ses peintures surréalistes sont rarement exposées.
L’exposition, qui s’étend sur 14 sections, permet aux visiteurs de suivre l’évolution de son art, allant de l’abstraction des années 1920 à l’art concret et au surréalisme. Tutundjian navigue avec aisance entre abstraction et figuration, parfois en reprenant ses propres compositions. Les œuvres abstraites et figuratives sont accrochées dans la même salle, offrant un contraste saisissant. Le parcours pédagogique établit des liens avec les productions de contemporains tels que Paul Klee, Jean Arp ou Henri Laurens.
Léon Tutundjian (1905-1968) a laissé une vaste production graphique, estimée à plus de mille dessins, qui témoignent de son raffinement artistique. Selon Sophie Bernard, co-commissaire de l’exposition, Tutundjian est considéré comme « l’un des chaînons manquants de l’art moderne, faisant circuler inspirations philosophiques et formes plastiques entre les mouvements artistiques ».
Le parcours réunit 130 œuvres, souvent issues de collections privées. Les débuts de Tutundjian, souvent méconnus, montrent des visages mélancoliques et des compositions tachistes, témoignant de son évolution vers un style plus géométrique et informel.
À partir de la seconde moitié des années 1920, son travail oscille entre biomorphisme et géométrie, caractérisé par ce qu’il appelle un « surréalisme abstrait ». Ses œuvres évoquent des éléments naturels tout en maintenant une abstraction totale. Le parcours inclut également des œuvres d’autres artistes, comme Henri Laurens, qui servent de contrepoint à ses collages.
En somme, cette exposition met en lumière un artiste dont l’œuvre, bien que moins connue, mérite d’être redécouverte dans le paysage de l’art moderne.
Source : Connaissance des Arts.


