Exposition au Château de Chantilly : Les splendeurs oubliées de la collection de Caroline Murat
Jusqu’au 4 octobre, la salle du Jeu de paume du château de Chantilly présente une exposition consacrée à la vie culturelle à Naples durant le règne de Caroline Murat, sœur de Napoléon Ier et épouse de Joachim Murat.
Surnommée « la reine des arts », Caroline Murat a rassemblé une remarquable collection d’antiques et d’œuvres contemporaines, incluant des pièces d’artistes tels qu’Ingres, Granet et Canova. L’exposition, orchestrée par Mathieu Deldicque et Gennaro Toscano, met en lumière ces fonds exceptionnels, dont une partie est conservée au musée Condé, suite à l’acquisition par le duc d’Aumale en 1854 de collections appartenant au prince de Salerne, gendre de Caroline Murat. L’événement valorise également les travaux d’artistes prisés par la reine, comme les paysagistes Alexandre-Hyacinthe Dunouy et Joseph Rebell.
Contexte de la collection
La passion pour l’art des époux Murat débute vers 1800, avec l’acquisition de deux tableaux de Louis Gauffier et d’un groupe sculpté, Amour et Psyché à demi-couchée, de Canova. Ils aménagent plusieurs résidences, dont l’hôtel Thélusson à Paris et les châteaux de Neuilly et de Villiers. À l’Élysée, Caroline commande un boudoir d’argent, qui sera plus tard rétrocédé à la Liste civile lorsque le couple est désigné par Napoléon pour régner sur Naples.
Réformes à Naples
En 1808, après le départ de Joseph Bonaparte pour Madrid, Joachim et Caroline Murat accèdent au trône du royaume de Naples. Durant leur règne, ils entreprennent des réformes importantes dans les institutions culturelles, notamment les théâtres et les musées. La période allant de 1808 à 1815 est souvent qualifiée de « décennie française de Naples », marquant le début de la modernité dans la région.
Antiques et paysages
Caroline et Joachim Murat ont su mélanger antiques et œuvres contemporaines dans leurs appartements d’apparat au palais royal de Naples. Ils enrichissent la collection des Bourbons et des Farnèse grâce à des fouilles à Pompéi et Herculanum, intégrant marbres, bronzes et mosaïques qui témoignent d’un goût prononcé pour l’antique.
L’empreinte d’Ingres
Caroline Murat a commandé un portrait à Ingres en 1814, où l’on aperçoit la baie de Naples en arrière-plan. Mécontente du rendu de son visage, elle a demandé plusieurs retouches. En plus de ce portrait, elle a acquis plusieurs œuvres d’Ingres, dont la célèbre Grande Odalisque et La Dormeuse de Naples. L’exposition présente également une toile de Paolo et Francesca, illustrant la facette troubadour d’Ingres.
Paysages napolitains
Les paysages napolitains forment une part essentielle de la collection de Caroline Murat, avec des vedute qui mettent en valeur la majesté de Naples et de ses environs. Elle a acquis de nombreuses œuvres représentant le Vésuve, notamment celles de Pierre-Jacques Volaire, ainsi que des paysages d’Alexandre-Hyacinthe Dunouy et de Joseph Rebell.
Découverte au musée Condé
L’exposition ne se limite pas à la salle du Jeu de paume ; elle se prolonge dans les collections du musée Condé, où les visiteurs peuvent admirer des œuvres italiennes, des dessus-de-porte de Rebell et d’autres pièces significatives.
« De Naples à Chantilly. Les collections de la reine Caroline Murat »
Château de Chantilly, salle du Jeu de paume
Du 6 juin au 4 octobre
Source : Connaissance des Arts
