À Draguignan, une exposition met en lumière les « roches rouges » de l’Estérel
Jusqu’au 31 octobre, le musée des Beaux-Arts de Draguignan explore les roches rouges de l’Estérel, qui ont inspiré de nombreux peintres modernes.
La commissaire de l’exposition, Marine Roux, a retracé les emplacements où les artistes du début du XXe siècle ont installé leurs chevalets, allant de la pointe de Pierre Blave, près de Saint-Raphaël, à la pointe de l’Esquillon, près de Mandelieu-la-Napoule. Ce massif, accessible grâce à l’arrivée du chemin de fer en 1863 et à l’aménagement de la route côtière de la Corniche d’or en 1903, comprend de nombreux sites mystérieux et sauvages. L’écrivain Guy de Maupassant avait déjà évoqué la beauté de ces paysages dans son récit Sur l’eau, décrivant comment « la longue côte rouge tombe dans l’eau bleue qu’elle fait paraître violette ». Ces lieux, longtemps perçus comme dangereux, sont devenus des motifs picturaux prisés par des artistes tels que Louis Valtat et Georges d’Espagnat.
La lente conquête de l’Estérel
Le massif de l’Estérel, autrefois considéré comme un « massif à apprivoiser », a vu son accessibilité s’améliorer au milieu du XIXe siècle. La couleur rouge des roches d’origine volcanique et leurs formes tortueuses ont captivé les peintres postimpressionnistes. Sept toiles de Camoin, Marquet et Valtat représentant l’Estérel ont été exposées au Salon d’Automne de 1905, marquant un moment clé dans l’histoire du fauvisme.
Une première étude sur les roches rouges
Cette exposition est la première à se concentrer sur les roches rouges de l’Estérel. Pour les artistes modernes, ces paysages aux teintes de rhyolite sont devenus des motifs aussi significatifs que ceux de Collioure ou de L’Estaque. Des sites tels que le château d’Agay, l’île Besse et le Saint-Pilon à Anthéor sont particulièrement notables. La présence d’artistes influents sur la Côte d’Azur, tels que Signac, Matisse et Renoir, a également contribué à l’attrait de cette région.
Vues partagées
À l’instar de Pissarro et Cézanne à Pontoise, de nombreux peintres ont partagé des points de vue devant les mêmes motifs de l’Estérel. Ils ont exprimé leur fascination pour « ce bleu, ce rouge et ce vert », comme l’a souligné Paul Signac à Louis Valtat en 1899. Certains artistes, comme Armand Guillaumin, ont réalisé plusieurs versions d’un même paysage, tel que le rocher Gaupillat au Trayas.
Figures humaines dans le paysage
Des personnages apparaissent parfois dans les œuvres, comme dans le cas d’Henri Manguin, qui a représenté une naïade parmi les rochers. D’autres artistes, comme Jacques Majorelle et Ker-Xavier Roussel, ont intégré des éléments mythologiques, transformant l’Estérel en une réplique de l’Éden antique.
Collaboration entre artistes
Léon Detroy, qui a rencontré Armand Guillaumin à Agay en 1892, a peint des lieux emblématiques de la Corniche d’or. Leurs échanges sur l’importance des sites pour un peintre ont conduit Guillaumin à explorer la vallée de la Creuse, où il a passé trente ans à capturer des paysages sauvages.
Ambiances contrastées
Louis Valtat a représenté les rochers d’Agay dans des atmosphères très différentes, mêlant les roches rouges à la végétation et intégrant des silhouettes humaines dans ses œuvres, créant ainsi un dialogue entre l’humain et le minéral.
« Les roches rouges »
Musée des Beaux-Arts, 9 Rue de la République, 83300 Draguignan
Jusqu’au 31 octobre
Source : Connaissance des Arts.
