Défense : 240 000 emplois préservés par 21 milliards d'exportations d'armes

240 000 emplois préservés par 21 milliards d’euros d’exportations d’armements en 2025

La France a enregistré 21,2 milliards d’euros de prises de commandes d’armements en 2025, un niveau qui se maintient pour la deuxième année consécutive au-dessus des 20 milliards. Ce chiffre dissimule une réalité économique significative : 240 000 emplois, répartis sur l’ensemble du territoire national, sont directement soutenus par cette activité de défense. Alors que la concurrence internationale s’intensifie, avec l’émergence de nouveaux acteurs comme la Chine, la Corée du Sud et l’Allemagne, la pérennité de cette base industrielle est devenue une préoccupation majeure.

Un socle stable pour l’industrie française

Les exportations d’armes françaises, qui avaient atteint 21,6 milliards d’euros en 2024, se stabilisent donc à 21,2 milliards en 2025, selon le rapport au Parlement publié par le ministère des Armées. Ce montant place la France au rang de deuxième exportateur mondial, loin derrière les États-Unis et leurs 283 milliards d’euros d’autorisations de vente, mais devant la Russie et le Royaume-Uni. L’Allemagne, avec 13,1 milliards, continue de gagner du terrain.

Un marché dépendant des grands contrats

L’industrie française de défense est structurellement exposée aux méga-contrats. Le record historique de 26,9 milliards d’euros en 2022 s’explique par la commande de 80 Rafale par les Émirats arabes unis. En revanche, l’année 2023 a enregistré une chute à 8,2 milliards, en raison d’un manque de signatures majeures. En 2025, des contrats notables, tels que 26 avions Rafale Marine pour l’Inde et deux sous-marins Scorpène pour l’Indonésie, ont permis de maintenir le cap. Le secteur aéronautique représente environ 40 % des prises de commandes, suivi par le naval (19 %), les missiles (18 %), les matériels terrestres (12 %) et les radars (2 %).

L’émergence de contrats de taille moyenne

Une évolution significative est à noter : le montant des prises de commandes en 2025 repose également sur un socle de contrats inférieurs à 200 millions d’euros, dont le nombre est en forte croissance. Ces contrats représentent environ 7 milliards d’euros en 2025, soit 1 milliard de plus qu’en 2024. Cette diversification réduit la dépendance aux arbitrages géopolitiques des grands clients et offre une visibilité accrue aux industriels pour planifier leurs investissements.

240 000 emplois sécurisés par les exportations

Le secteur de la défense emploie directement 240 000 personnes en France. Ces postes couvrent des domaines tels que l’ingénierie, la production et la maintenance. Les exportations sont considérées comme essentielles pour maintenir une base industrielle solide et inciter les industriels à investir. Sans les commandes étrangères, les volumes de production seraient insuffisants pour amortir les coûts de recherche et développement, qui se chiffrent en milliards d’euros pour des programmes comme le Rafale.

Une répartition territoriale stratégique

Contrairement à l’idée reçue, l’industrie de défense ne se concentre pas uniquement en Île-de-France. Les sites de production sont répartis sur l’ensemble du territoire, avec des implantations à Bordeaux, Lorient, Cherbourg, Bourges et Marignane. Cette répartition géographique fait des exportations d’armement un enjeu d’aménagement du territoire, générant des retombées économiques sur plusieurs bassins d’emploi.

Face à la concurrence accrue

Le contexte concurrentiel se durcit. Bien que la France conserve sa place de deuxième exportateur mondial, des acteurs tels que la Chine, la Corée du Sud et la Turquie se renforcent. Ces pays bénéficient d’une montée en gamme de leurs produits et d’un contrôle d’exportation plus libéral. L’Allemagne, en particulier, a vu ses exportations augmenter grâce à une politique d’autorisation moins restrictive.

Conclusion

Avec 21,2 milliards d’euros d’exportations d’armements en 2025, la France maintient une base industrielle de défense essentielle à l’économie, soutenant directement 240 000 emplois à travers le pays. Cependant, la concurrence croissante d’autres nations pose des défis significatifs pour l’avenir de ce secteur vital.

Source : Ministère des Armées, rapport au Parlement, août 2026.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *