840.000 euros dissimulés à l’étranger : l’ex-sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou condamné à deux ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité immédiate
L’ancien sénateur du Gers, Aymeri de Montesquiou, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le jeudi 7 mai 2026 pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. Il écope de deux ans d’emprisonnement avec sursis, d’une amende de 100.000 euros et de cinq ans d’inéligibilité immédiate pour avoir dissimulé des fonds en Suisse et au Luxembourg.
Cette affaire, qui a débuté en 2015, a mis près de dix ans à être jugée. Lors de l’audience, tenue les 18 et 19 février 2026, les juges ont souligné la « particulière gravité » des infractions, évoquant une « amnésie sélective » de l’ancien élu et sa « volonté réelle de se soustraire à une obligation fondamentale ». Son avocat, Me Thomas Amico, a annoncé qu’il ferait appel de la décision.
Le jugement précise que Montesquiou, âgé de 83 ans, avait « nécessairement connaissance des règles fiscales » et s’y était soustrait de manière « délibérée et répétée ». Le tribunal a justifié la peine d’inéligibilité par la nécessité d’écarter l’ancien sénateur des institutions de la République.
L’affaire a été déclenchée lorsque la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a déclaré la déclaration de patrimoine de Montesquiou non conforme, signalant plusieurs omissions. Selon des informations rapportées par L’Informé, il aurait évité près de 700.000 euros d’impôts entre 2016 et 2017 en utilisant divers stratagèmes, notamment la dissimulation de plus de 800.000 euros sur des comptes non déclarés au Luxembourg et en Suisse, ainsi que des faux contrats de prêt.
Au total, la HATVP estime que la somme concernée s’élève à 2,6 millions d’euros. Lors de l’audience, certaines accusations ont été abandonnées, et la somme finale pour laquelle Montesquiou était poursuivi a été fixée à 840.000 euros.
La défense a plaidé pour une relaxe sur deux points, en invoquant un « dégrisement » fiscal, un dispositif gouvernemental permettant aux contribuables de régulariser leurs avoirs à l’étranger. Cependant, le tribunal a maintenu la condamnation.
En parallèle, Aymeri de Montesquiou est toujours mis en examen dans l’affaire du « Kazakhgate » pour corruption passive et blanchiment en bande organisée, une enquête qui est toujours en cours.
Source : L’Informé
