Urgente opération de sauvetage pour truites et saumons dans la rivière l’Isole
Dans la rivière l’Isole, près de Scaër, la chaleur met les poissons en danger. La fédération de pêche du Finistère a lancé une opération exceptionnelle pour capturer des truites et des saumons afin de les déplacer vers une zone où elles ont plus de chances de survivre.
Sous un soleil écrasant, une vingtaine de bénévoles et de techniciens avancent lentement dans l’eau, épuisette à la main. Leur mission est simple, mais urgente : récupérer le plus de poissons possible avant que cette portion de l’Isole ne devienne un piège pour ces truites fario et les jeunes saumons.
Un technicien allume son matériel, et le silence est rapidement remplacé par le bourdonnement d’une perche électrique. L’appareil envoie un faible courant qui étourdit momentanément les poissons. En quelques secondes, une truite remonte à la surface, récupérée à l’épuisette avant d’être placée dans un bac rempli d’eau.
Tout au long de la matinée, les équipes remontent l’Isole, un affluent de la Laïta. Les poissons sont ensuite transférés dans un camion équipé d’une cuve de 1 000 litres d’eau bien oxygénée avant d’être relâchés plus en aval, dans un secteur gardé secret où les conditions sont meilleures.
Mathieu Le Bouter, responsable de la Fédération de pêche du Finistère, souligne : « On n’est pas là pour faire un inventaire aujourd’hui, mais pour sauver les meubles. » Il met en avant l’importance de cette opération, car les conditions de vie des poissons se détériorent rapidement.
Au bord de l’eau, Joël Le Duigou, ancien pêcheur, constate le déclin de la qualité de l’eau au fil des décennies. « La rivière était magnifique à l’époque. On ne reverra plus cela. La qualité de l’eau n’a cessé de se dégrader depuis cinquante ans, » déplore-t-il.
La hausse des températures affecte directement les cours d’eau. Plus l’eau se réchauffe, moins elle contient d’oxygène, ce qui affaiblit rapidement les truites et les saumons, qui sont très sensibles à ces variations. Pierre Rigallo, coordinateur de la Fédération de pêche de Bretagne, explique : « On a un débit qui a baissé dans les rivières et une température de l’eau qui a augmenté. Les poissons subissent davantage de stress. »
Ce type d’intervention, bien que exceptionnel, devient de plus en plus fréquent dans le Finistère. Les fédérations de pêche surveillent désormais de près l’état des rivières bretonnes et se tiennent prêtes à organiser de nouvelles opérations si les températures continuent de grimper.
(Source : France 3 Régions)
