Vrai ou faux : Avec la loi sur l’aide à mourir, suffira-t-il de dire « J’en ai assez de vivre » pour déclencher une procédure d’euthanasie ?
François-Xavier Lejeune, directeur de l’association Notre-Dame de Bon Secours, a affirmé que le simple fait d’exprimer oralement le souhait de mourir pourrait suffire à déclencher une procédure d’euthanasie. Cependant, cette procédure est soumise à des conditions strictes.
La loi sur l’aide à mourir, adoptée définitivement par l’Assemblée nationale le 15 juillet 2026, stipule que le souhait de mourir ne peut pas être exprimé de manière informelle. Le patient doit formuler sa demande par écrit auprès du médecin de son choix. Ce professionnel est alors tenu de fournir des informations sur l’état de santé du patient, les perspectives d’évolution, ainsi que sur les soins palliatifs disponibles.
Le médecin doit également notifier au patient qu’il peut renoncer à sa demande à tout moment et lui expliquer les conditions d’accès à l’aide à mourir. Pour enclencher la procédure, plusieurs critères doivent être remplis : le patient doit être majeur, apte à manifester sa volonté, et souffrir d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital.
Si le patient ne remplit pas l’ensemble de ces conditions, la procédure ne pourra pas être activée.
En cas de validation de la demande, un collège pluriprofessionnel, comprenant au minimum un autre médecin spécialiste et un soignant, doit se réunir pour évaluer la situation. La décision finale doit être notifiée au patient dans un délai de 15 jours, suivi d’un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la procédure.
Ainsi, dire simplement « J’en ai assez de vivre » ne suffira pas à déclencher une procédure d’euthanasie, contrairement aux affirmations de François-Xavier Lejeune. Chaque patient a la possibilité de changer d’avis à tout moment, même après la programmation de l’euthanasie.
Source : Franceinfo
