Europa, la lune de Jupiter, pourrait abriter des signes de vie dans son océan enfoui — mais comment y accéder ?
La mission Europa Clipper de la NASA est actuellement en route pour Jupiter, parcourant 1,8 milliard de miles, afin d’évaluer si la lune glacée Europa pourrait soutenir la vie. Les données des missions Voyager et Galileo ont confirmé l’existence d’un océan global sous la croûte gelée d’Europa, contenant plus de deux fois le volume d’eau de tous les océans de la Terre réunis. Au cours des 49 survols prévus par l’Europa Clipper, les scientifiques espèrent détecter d’énormes geysers d’eau ou des poches de surface chaude alimentées par cet océan souterrain, ce qui faciliterait l’analyse de sa chimie depuis l’orbite.
Cependant, une étude récente suggère que toute eau peu profonde détectée par l’Europa Clipper ne serait pas nécessairement une fenêtre directe sur l’océan d’Europa. Les recherches menées par Lujendra Ojha, scientifique planétaire à l’Université Rutgers, indiquent que la croûte glacée d’Europa constitue une barrière plus solide que prévu. Des simulations informatiques modélisant le comportement de l’eau à travers les fractures de la glace montrent que le liquide montant de l’océan se déplace de manière turbulente, perd rapidement de la chaleur et gèle les fiss — souvent en quelques heures — avant d’atteindre des profondeurs peu profondes.
Pour tester cette hypothèse, l’équipe d’Ojha a construit des simulations pour évaluer si l’eau océanique pouvait remonter à travers les fractures de la croûte et s’accumuler dans des réservoirs peu profonds près de la surface. Ces réservoirs seraient plus faciles à détecter et à analyser que l’océan enfoui à des kilomètres de profondeur. Contrairement aux modèles précédents qui supposaient un écoulement fluide, la physique réelle crée un parcours beaucoup plus chaotique.
Les résultats de l’étude pourraient modifier la manière dont les scientifiques interprètent les données à venir de l’Europa Clipper, dont l’arrivée est prévue en avril 2030, ainsi que de la mission JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) de l’Agence spatiale européenne, qui doit arriver en juillet 2031 pour étudier Jupiter et trois de ses lunes océaniques, dont Europa.
Si ces missions découvrent des pools liquides peu profonds ou des caractéristiques similaires, l’étude d’Ojha suggère qu’elles seraient plus probablement créées par un dégel localisé à l’intérieur de la croûte de glace, plutôt que par des remontées directes de l’océan profond. Cela pourrait aider les futures missions à mieux interpréter leurs découvertes et à cibler les recherches de signes d’habitabilité.
Cette recherche a été publiée dans la revue Nature Astronomy le 23 juillet.
Source : Space.com


