Etudier en Europe : un défi de plus en plus coûteux

Étudier en Europe : un défi de plus en plus coûteux

La France, à l’instar d’autres pays européens, renforce les conditions d’accès pour les étudiants étrangers. À Yaoundé, ces nouvelles exigences financières suscitent colère et incompréhension parmi les candidats camerounais.

Désormais, une admission dans un établissement français ne garantit plus aux étudiants camerounais la possibilité de partir. Les candidats doivent répondre à des exigences financières et administratives de plus en plus strictes. Salomon Ondoa, représentant du Collectif pour l’accès aux projets d’études, souligne : « Aujourd’hui, un étudiant admis à HEC Paris, où les frais de scolarité s’élèvent à 25 000 euros, doit verser cette somme à l’établissement avant même de déposer sa demande de visa. Cela ne prend pas en compte les frais de subsistance, notamment la preuve de ressources d’environ 10 200 euros. Au total, une famille doit mobiliser plus de 35 000 euros simplement pour permettre à son enfant d’étudier en France. »

À Yaoundé, la colère monte parmi les étudiants, qui dénoncent ces nouvelles exigences. Ivan Odzo, étudiant en master de droit public, exprime son indignation : « Il faudrait s’inscrire dans une université en occident sans avoir déjà le visa. Vous financez et attendez les résultats, mais parfois, vous n’obtenez pas le visa ! Comment peuvent-ils accepter qu’on paie les frais de scolarité en amont sans délivrer le visa ? »

Muriel Piquet-Viaux, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France au Cameroun, explique que les services consulaires ont constaté une augmentation des dossiers comportant des faux documents. Cette situation a conduit à un renforcement des contrôles pour vérifier l’authenticité des pièces fournies. Elle précise : « La somme totale a été décidée par le service des visas. La raison pour laquelle une décision a été prise récemment, c’est qu’il y a un nombre important de fraudes. Plus il y aura de fraudes, plus la mobilité sera compliquée. »

Ces décisions sont difficiles à accepter pour de nombreux jeunes Camerounais, qui estiment que les fraudes d’une minorité pénalisent l’ensemble des candidats.

Ce phénomène n’est pas isolé à la France. Dans plusieurs pays, les conditions d’accueil des étudiants étrangers se durcissent. Au Canada, des contrôles renforcés ont été mis en place suite à des affaires de fausses lettres d’admission. Au Royaume-Uni, le durcissement de la politique migratoire a également eu des répercussions sur les visas étudiants. En Allemagne, les étudiants doivent justifier de leurs moyens de subsistance sur un compte bloqué et d’un certain niveau de langue, sans que les établissements ne demandent le paiement des frais d’inscription avant l’obtention du visa étudiant.

Source : DW

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