Santé. « Smart drugs » : quels sont ces médicaments dangereux prisés des étudiants en période d'examens ?

« Smart drugs » : quels sont ces médicaments dangereux prisés des étudiants en période d’examens ?

« Ces pilules boostent la mémoire et améliorent votre créativité » ou « cette gomme à mâcher vous rend littéralement plus intelligent et plus concentré ». Sur TikTok, Instagram ou Snapchat, de nombreuses vidéos vantent les mérites de produits présentés comme révolutionnaires. Appelés « smart drugs » (« drogues intelligentes » en français), ces produits sont en réalité des médicaments destinés à traiter des pathologies spécifiques, comme la Ritaline, prescrite pour traiter les troubles de l’attention, ou le Modafinil, utilisé pour les narcoleptiques.

En période d’examens, de nombreux lycéens et étudiants se laissent tenter par ces substances, les détournant de leur objectif initial pour améliorer leurs performances. « Les gens s’en procurent via leur entourage qui peut avoir des ordonnances pour des pathologies bien connues. Il existe également des marchés détournés sur les réseaux sociaux, où certains se vantent de vendre des médicaments comme la Ritaline », explique Maureen Paulius, docteure en pharmacie.

Un marché en expansion

Une étude de Credence Research indique que le marché mondial des « smart drugs » était évalué à environ 1,7 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) en 2018 et pourrait atteindre près de quatre milliards de dollars en 2024. En France, un récent sondage mené par l’entreprise de soutien scolaire Les Sherpas révèle que 4 % des jeunes âgés de 14 à 20 ans déclarent consommer des médicaments avant leurs examens.

Cependant, l’efficacité de ces « smart drugs » en dehors du cadre médical est contestée. Une étude de l’université de Cambridge suggère une augmentation de la motivation, mais aussi une « réduction de la qualité de l’effort, cruciale pour résoudre des problèmes complexes », annulant ainsi cet effet. De plus, ces médicaments peuvent présenter des risques : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé avertit que les psychostimulants peuvent entraîner des effets indésirables tels que des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité, de l’irritabilité, des palpitations, une perte d’appétit, ou encore des douleurs abdominales.

« Ne pas se laisser happer par des promesses miracles »

« Le Modafinil est utilisé par les étudiants qui ne veulent pas dormir la nuit pour avoir plus de temps pour réviser. C’est évidemment déconseillé, car le sommeil est essentiel à l’apprentissage. Pendant cette période, les informations sont intégrées durablement dans notre mémoire », souligne Maureen Paulius, qui travaille pour le laboratoire Immubio. Les professionnels de santé déconseillent également l’abus de café ou de boissons énergisantes, utilisées par 11 % des étudiants selon le sondage réalisé par Les Sherpas.

La pharmacienne recommande plutôt aux étudiants d’adopter un mode de vie sain, de pratiquer une activité physique et d’avoir une alimentation équilibrée pour maximiser leurs performances cognitives. Certains compléments alimentaires peuvent également être bénéfiques, mais « l’idée n’est pas de booster les performances cognitives, mais d’apporter un complément en cas de déséquilibre en vitamines, en minéraux, en oméga-3 ou en magnésium », précise-t-elle. Il est essentiel d’éviter l’automédication et de consulter un professionnel de santé pour évaluer les besoins spécifiques. « Ne pas se laisser happer par des promesses miracles », avertit la pharmacienne, pour qui « rien ne remplacera le travail ».

Source : DNA.fr

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