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« Cette pièce est la seule au monde » : les vestiges exceptionnels d’un bateau antique étudiés au large de Cannes

Les vestiges d’un bateau antique, retrouvés au large des îles de Lérins, à Cannes, la semaine dernière, ont été présentés ce mardi 30 juin 2026. Certaines trouvailles ont plus de 2 000 ans et viendraient de Grèce.

Les vestiges d’un bateau antique, datant de 180 avant Jésus-Christ, ont été découverts au large des îles de Lérins, à Cannes (Alpes-Maritimes). « Voilà, nous sommes au pied du fort Royal entre le continent et l’île, et par une vingtaine de mètres de fond il y a cette épave », explique Pierre Poveda, archéologue naval, ingénieur de recherche au CNRS, co-directeur de la fouille de l’épave gréco-romaine de Fort Royal 1.

Cette épave, découverte en 2017, gît sur des fonds sablonneux entre posidonies et coquilles. Elle a été victime d’un pillage durant un an. L’enquête est toujours en cours, et une étude pluriannuelle de l’épave « Fort Royal 1 » est en cours.

Le site continue de révéler de belles surprises. À bord, des objets variés : cargaison, petit matériel, vaisselle, tablette d’écriture et mobilier. « La structure est aussi bien préservée car il gît sur son flanc, ce qui permet une conservation unique. C’est le cas notamment du gouvernail, un des très rares conservés depuis l’Antiquité », détaille Franca Cibeccini, responsable du littoral corse au DRASSM et archéologue maritime.

Ce mardi 30 juin 2026, les découvertes des scientifiques du navire d’exploration archéologique Alfred Merlin ont été présentées à la presse en mer. Ce bateau de recherche, créé en 1966 par André Malraux, appartient au département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM).

Les chercheurs ont remonté une pièce en bois avec un habillage semi-circulaire, qui servait à aspirer l’eau dans le fond du bateau. « Cette pièce, que l’on a sous les yeux, est la seule au monde. Sa technologie est la plus ancienne. Là, on est face à quelque chose qui nous laisse sans mots et qui est au-delà de toutes nos espérances », ajoute Pierre Poveda.

Franca Cibeccini explique également en montrant une carafe en terre aux formes galbées : « On scanne tous les objets et à travers le scan, on cherche les descendances archéologiques classiques pour faire les comparaisons. » Sur cette petite bouteille, des marques indiquent une production de l’île de Rhodes, en Grèce, ce qui est assez rare.

Les découvertes sont considérées comme uniques au monde. Plus de 200 amphores et un riche mobilier ont été remontés, tous datés de 2200 ans. Grâce à leur modélisation en 3D, les chercheurs peuvent affiner leurs plongées et ajuster leurs recherches, en collaboration avec des centres scientifiques espagnols et croates.

Trois années de recherches supplémentaires sont encore prévues, notamment sur l’arrière de l’épave.

Source : France 3 Régions

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