Éthiopie: les autorités du Tigré dénoncent une frappe de drone de l’armée fédérale

Éthiopie : Accusations de frappe de drone sur Mekelle par le gouvernement fédéral

Le 20 août 2026, les autorités rebelles du Tigré ont accusé le gouvernement fédéral d’avoir mené une frappe de drone sur une zone résidentielle de Mekelle, la capitale de la région. Cette attaque aurait fait au moins 13 blessés et causé des dommages importants à plusieurs maisons. La situation entre les rebelles et le gouvernement est particulièrement tendue, suscitant des inquiétudes quant à un potentiel nouveau conflit.

À Mekelle, la frappe a ciblé le quartier résidentiel de Daero, où plusieurs habitations ont été gravement touchées. Les vitres des maisons ont été brisées, les toitures endommagées, et le mobilier a subi des dégâts considérables. Amanuel Assefa, vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a déclaré que cette frappe visait « des civils ». Il a également mentionné qu’un drone était tombé près de l’université de Mekelle, sans fournir de bilan supplémentaire.

L’hôpital d’Ayder a accueilli les 13 blessés, parmi lesquels se trouvent des patients âgés de 2 à 60 ans, incluant cinq enfants. Selon un coordinateur des urgences, trois d’entre eux ont subi des bless graves et nécessitent des examens complémentaires.

Depuis plusieurs mois, les forces fédérales et tigréennes sont massées de part et d’autre de la frontière du Tigré, alimentant des tensions croissantes entre le pouvoir central et les autorités rebelles, qui se sont affrontées entre 2020 et 2022. Les deux camps s’accusent mutuellement de vouloir raviver le conflit.

Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région à l’Oslo New University College, a qualifié la frappe de « grave incident », suggérant qu’elle pourrait viser des cibles de haut rang au sein du TPLF. Il a souligné que cette action démontre la volonté du gouvernement d’utiliser des moyens de plus en plus sévères contre les forces tigréennes.

Ces dernières semaines, plusieurs frappes de drones ont été signalées au Tigré, une région qui comptait environ six millions d’habitants avant le début du conflit. Les autorités rebelles avaient précédemment accusé le gouvernement d’une frappe à environ 15 kilomètres de Mekelle. Le 1er août, des combats avaient également eu lieu entre les forces fédérales et celles du TPLF, près de la frontière avec le Soudan.

Les tensions continuent de croître entre le pouvoir central et les autorités rebelles, qui se blâment mutuellement pour la possibilité d’un nouveau conflit.

Source : RFI

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