Éthiopie : L’envoyé spécial de l’UA n’a pas permis d’avancée avec Addis-Abeba, selon les autorités du Tigré
Le 24 août, Olusegun Obasanjo, l’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) pour la Corne de l’Afrique, a effectué une visite à Mekele, la capitale du Tigré. Cependant, le 25 août, les autorités rebelles de l’État régional du Tigré ont déclaré que cette visite n’avait pas permis d’avancer vers des discussions avec le gouvernement fédéral éthiopien. Les deux camps, qui ont été engagés dans une guerre à grande échelle de 2020 à 2022, se sont massés des troupes le long de la frontière du Tigré et s’accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.
Obasanjo, qui avait joué un rôle clé dans les accords de Pretoria signés en 2022, avait déjà rencontré les autorités tigréennes en juin. Les responsables du Tigré ont exprimé leur frustration concernant l’« absence de suivi » des discussions entamées deux mois auparavant, indiquant qu’ils avaient identifié cinq points d’entrée potentiels pour un dialogue avec Addis-Abeba. Parmi ces points figuraient la fin de l’encerclement militaire du Tigré et le rétablissement du statut juridique et politique du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Depuis l’accord de Pretoria, les autorités tigréennes rapportent des « discussions répétées, des assurances non tenues et une détérioration continue des conditions sur le terrain ». Elles affirment être prêtes à entamer un dialogue crédible et limité dans le temps, soutenu par des partenaires internationaux. Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, a décrit la visite d’Obasanjo comme « informelle » et non préalablement annoncée. De son côté, le gouvernement fédéral éthiopien n’a pas commenté cette rencontre ni précisé si des représentants avaient échangé avec l’envoyé spécial.
Le Tigré, qui comptait environ six millions d’habitants avant le conflit, est aujourd’hui en proie à de graves difficultés économiques, avec plusieurs centaines de milliers de personnes toujours déplacées. Le TPLF, qui a dirigé l’Éthiopie de 1991 jusqu’à la nomination d’Abiy Ahmed en 2018, a été progressivement marginalisé par l’actuel Premier ministre.
Source : RFI

