Ethiopie : Les autorités rebelles du Tigré dénoncent une frappe de drone sur une zone résidentielle
Les autorités rebelles du Tigré ont accusé le gouvernement fédéral d’avoir effectué, jeudi, une frappe de drone sur une « zone résidentielle » à Mekelle, la capitale de cet État régional du nord de l’Éthiopie. Cette attaque intervient dans un contexte déjà tendu, suscitant des craintes de résurgence d’un conflit armé.
Amanuel Assefa, vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a déclaré à l’AFP qu’une frappe avait eu lieu à Mekelle, ciblant des civils, bien qu’il n’ait pas encore d’informations sur le bilan des victimes. Il a également mentionné qu’un drone était tombé près de l’université de Mekelle, sans fournir davantage de détails. L’armée fédérale éthiopienne n’a pas réagi à ces accusations.
Depuis plusieurs mois, des forces fédérales et tigréennes se sont massées de part et d’autre de la frontière du Tigré, région la plus septentrionale d’Éthiopie, sur fond de tensions croissantes entre le gouvernement fédéral et les autorités tigréennes. Ces dernières, qui se sont affrontées entre 2020 et 2022, s’accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit. Des frappes de drones ont été signalées récemment, avec une attaque rapportée à environ 15 kilomètres de Mekelle.
Un spécialiste de la région, Kjetil Tronvoll, a qualifié l’incident de « grave », suggérant qu’il pourrait viser des cibles de haut rang au sein du TPLF. Il a noté que le gouvernement semble prêt à adopter des mes de plus en plus sévères contre le TPLF.
Le TPLF, qui a dirigé le pouvoir fédéral éthiopien entre 1991 et 2018, a été marginalisé depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed. La guerre qui a éclaté en 2020 a causé la mort d’au moins 600 000 personnes. Bien qu’un accord de paix ait été signé en 2022, des points cruciaux, tels que le retour des personnes déplacées et le désarmement du TPLF, n’ont pas été mis en œuvre.
La situation financière du Tigré est critique, les subventions fédérales ayant été suspendues depuis la reprise des tensions, aggravant ainsi la crise humanitaire dans la région.
Source : TV5MONDE



