Jusqu’à 50 000 dollars pour choisir un embryon « plus intelligent » : le nouveau marché qui inquiète
Une nouvelle tendance émerge dans le domaine de la procréation médicalement assistée, où des entreprises américaines, comme Nucleus et Herasight, proposent des services d’analyse génétique pour sélectionner des embryons selon des critères tels que l’intelligence, la longévité et d’autres caractéristiques physiques. Pour un coût pouvant atteindre 50 000 dollars, ces sociétés évaluent le risque de maladies et fournissent des estimations sur des traits tels que la taille et le quotient intellectuel potentiel des enfants.
Le processus commence par une fécondation in vitro (FIV), où plusieurs embryons sont créés. Une cellule de chaque embryon est prélevée pour analyse ADN, permettant aux parents de recevoir des scores qui les aident à choisir l’embryon à transférer. Les tests de dépistage préimplantatoire, déjà utilisés pour certaines maladies génétiques, sont étendus par ces nouvelles techniques, appelées PGT-P, qui prétendent évaluer des caractéristiques complexes liées à de multiples variations génétiques.
Arthur Zey et son mari, Chase Popp, ont témoigné de leur expérience, ayant sélectionné un embryon parmi six après avoir reçu des estimations sur la santé, la taille et le QI. Leur principal objectif était d’augmenter les chances de longévité de leur enfant.
Cependant, de telles pratiques sont interdites en France. Le diagnostic préimplantatoire est autorisé uniquement dans des cas exceptionnels, lorsque des couples sont à risque élevé de transmettre des maladies génétiques graves. La sélection d’embryons basée sur des critères tels que l’intelligence ou l’apparence n’est pas permise. Ce contexte soulève des questions éthiques importantes sur la frontière entre la prévention des maladies et la création d’enfants selon les préférences des parents. Les entreprises justifient leurs services en affirmant qu’elles aident les familles à avoir des enfants en meilleure santé, mais elles alimentent également la perspective de « super-bébés », accessibles principalement aux plus riches.
Source : The Economist.



