États-Unis : 25 ans après le 11-Septembre, George W. Bush apparaît « comme un modèle de raison » face à Donald Trump
Le temps efface beaucoup de choses, mais certains souvenirs persistent. Il y a vingt-cinq ans, les États-Unis étaient frappés par Al-Qaïda sur leur sol. Le 11 septembre 2001, deux avions percutent les tours du World Trade Center à New York, un troisième s’écrase sur le Pentagone et un quatrième en Pennsylvanie, causant la mort de 2.977 personnes. À cette époque, George W. Bush est président, fraîchement élu après une victoire contestée face à Al Gore.
Lorsqu’il apprend les attaques, il est en visite dans une école en Floride. Les images le montrent visiblement choqué. En France, son image est alors ternie par des caricatures le présentant comme un simplet, notamment à travers la marionnette des Guignols de l’info. Cependant, aux États-Unis, sa popularité atteint des sommets, culminant à 89 % d’approbation à la fin de 2001, avant de chuter à 33 % à la fin de son second mandat en 2008.
Une aura du passé
Depuis qu’il a quitté ses fonctions, l’image de George W. Bush s’est améliorée. En 2018, un sondage commandé par CNN lui attribuait 61 % d’avis favorables, avec une hausse marquée chez les démocrates, qui sont passés de 11 % à 54 % d’opinions positives. La perception des anciens présidents tend à s’améliorer avec le temps, car ils sont souvent vus comme des hommes d’État chevronnés plutôt que comme des figures politiques en activité, explique Nevada Joan Lee, chercheuse au Conseil européen des relations étrangères à Washington.
Le peuple américain, comme d’autres, a tendance à considérer le passé de manière plus favorable, illustrant le sentiment de « c’était mieux avant ». Dans le même sondage, Barack Obama bénéficiait de 66 % d’avis favorables, tandis que Donald Trump, alors en fonction, n’atteignait que 40 %.
Un coup de pouce appelé Trump
L’influence de l’actuel président ne doit pas être sous-estimée. La popularité de Bush profite d’un contraste marqué avec Donald Trump, dont les actions sont aujourd’hui créditées de 67 % d’opinions défavorables. Son administration est souvent critiquée pour sa gestion de la politique étrangère, jugée désastreuse, et pour avoir entraîné les États-Unis dans un nouveau conflit au Moyen-Orient.
Comparé à un président ayant incité à une émeute au Capitole et ayant suscité des conflits commerciaux et militaires, Bush apparaît comme un modèle de raison et de bipartisme. Il est également rappelé pour la lettre laissée à Barack Obama en 2009, où il le félicitait pour son élection, promettant le soutien d’un « pays tout entier ».
Cependant, George W. Bush reste le président ayant déclenché deux guerres en Irak et en Afghanistan, souvent considérées comme peu justifiées et « impossibles à remporter », rappelle Joan Lee.
Source : 20 Minutes

