États-Unis : Annulation des sanctions contre la start-up d’IA Anthropic par le gouvernement Trump

États-Unis : les sanctions du gouvernement Trump contre la start-up d’IA Anthropic annulées

États-Unis : les sanctions du gouvernement Trump contre la start-up d’IA Anthropic annulées

Une juge fédérale de Californie a déclaré le 27 août illégales les sanctions imposées en février par l’administration Trump à l’encontre de la start-up d’intelligence artificielle (IA) Anthropic, les considérant comme motivées politiquement et non par des risques avérés.

Cette décision concerne l’une des deux procédures engagées par Anthropic contre le gouvernement américain, l’autre étant toujours en cours devant un tribunal fédéral à Washington. La décision interdit aux entités de l’exécutif et aux ministères de rompre leurs contrats avec la société, comme l’avait ordonné Donald Trump.

Cependant, la mise à l’écart de l’entreprise par le ministère de la Défense, à l’origine de ce conflit, reste en vigueur, car elle repose sur un texte du code des marchés publics fédéraux non examiné en Californie, mais contesté par Anthropic dans la procédure de Washington.

Le conflit a éclaté après le refus d’Anthropic de lever certaines restrictions sur l’utilisation de son modèle d’IA, Claude, pour des attaques létales entièrement autonomes ou la surveillance de masse des citoyens américains. Donald Trump avait alors critiqué l’entreprise, la qualifiant de « gauche radicale » et de « hors de contrôle ». En plus d’annuler ses contrats, le ministère de la Défense avait inscrit Anthropic sur la liste des entreprises considérées comme présentant un « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et la sécurité nationale, un statut habituellement réservé à des entreprises étrangères.

Cette désignation interdisait de facto aux prestataires du Pentagone d’utiliser les produits d’Anthropic dans le cadre de leur collaboration avec le ministère, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de la start-up.

La décision de la juge Rita Lin rend permanente la suspension provisoire des sanctions ordonnée en mars et s’applique immédiatement. Le gouvernement peut faire appel, mais le ministère américain de la Justice n’a pas encore répondu à cette possibilité.

Pour la juge, les mes visaient à « faire un exemple » d’une entreprise jugée « arrogante », sans réelle menace. Elle a souligné que le gouvernement avait abandonné sa thèse selon laquelle Anthropic pourrait modifier ses modèles après livraison, les rendant potentiellement inopérants pour l’armée. L’administration Trump avait justifié ses actions par une perte de « confiance » liée aux critiques publiques de l’entreprise.

Anthropic a réaffirmé son engagement à collaborer avec le gouvernement pour mettre l’IA au service de la sécurité nationale.

Avant même ce jugement, les relations entre la start-up et l’exécutif américain n’étaient pas rompues. Le ministère de la Défense continue d’utiliser les modèles d’Anthropic, qui sont les seuls autorisés pour des opérations classifiées. De plus, la société a fourni au gouvernement Trump l’accès à son modèle le plus avancé, Mythos, jusqu’alors réservé à quelques entreprises pour renforcer leur sécurité informatique.

Rien dans l’approche du gouvernement ne correspond à une « crainte authentique » d’Anthropic, selon la juge Lin.

Source : La Croix

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