États-Unis : 250 ans d’existence et de questionnements sur les valeurs fondamentales
Les États-Unis, fondés sur les principes de « la vie, la liberté et la recherche du bonheur », célèbrent cette année le 250ème anniversaire de leur déclaration d’indépendance, proclamée le 4 juillet 1776. Depuis deux siècles et demi, les gouvernements américains affirment que la préservation des idéaux de démocratie, des droits de l’homme et des libertés fondamentales constitue le moteur de leur politique étrangère. Cependant, un nombre croissant d’Américains exprime des doutes sur la fidélité de leur pays à ces valeurs fondatrices.
Selon une enquête de 2024, 72 % des Américains estiment que la démocratie aux États-Unis « était autrefois un bon exemple, mais ne l’est plus ces dernières années ». Cette perception est corroborée par une analyse de la politique étrangère américaine, qui révèle une évolution vers une préférence croissante pour la force militaire plutôt que pour la diplomatie.
Les politologues Monica Duffy Toft et Sidita Kushi ont comptabilisé plus de 500 interventions militaires américaines au cours de ces 250 dernières années. Kushi souligne que, depuis le 11 septembre, la croyance en la rationalité des rivaux des États-Unis a diminué, entraînant une reliance accrue sur des solutions militaires. Le budget du département de la Défense a considérablement augmenté, tandis que celui du département d’État a connu une diminution relative.
Les interventions militaires se sont récemment concentrées au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, en partie en raison de la guerre mondiale contre le terrorisme. Cette tendance marque un changement par rapport aux interventions passées, qui étaient plus fréquentes en Amérique latine depuis le début du XIXe siècle.
Les objectifs des interventions militaires américaines ont également évolué. Les années 1990 ont été marquées par un interventionnisme humanitaire, alors que depuis 2001, le maintien ou le renforcement de l’autorité d’un régime étranger est devenu une motivation majeure. Deux exemples récents illustrent cette tendance : l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier et le déclenchement de la guerre contre l’Iran en février.
En matière de diplomatie, les États-Unis semblent privilégier les accords bilatéraux, souvent au détriment des accords multilatéraux. Calvin Thrall, professeur à l’université de Columbia, note que les États-Unis ont tendance à se retirer des accords multilatéraux depuis les années 1980, préférant des accords qui leur permettent de dicter les termes.
Cette situation pourrait entraîner des conséquences imprévues, notamment une détérioration de l’image des États-Unis à l’étranger. Une enquête récente menée par Pew Research a montré que 62 % des Américains doutaient de la capacité du président Donald Trump à utiliser la force militaire de manière judicieuse. Cette perception s’inscrit dans une tendance plus large, avec une satisfaction des Américains concernant la position des États-Unis dans le monde passant de 71 % en 2002 à seulement 38 % aujourd’hui.
En somme, alors que les États-Unis célèbrent un quart de millénaire d’existence, les questionnements sur leur engagement envers leurs valeurs fondamentales et leur rôle sur la scène internationale s’intensifient.
Source : Deutsche Welle
