Espaces «no kids» : la CNCDH plaide pour des villes à hauteur d’enfant
La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a appelé, ce lundi, à la création de « villes à hauteur d’enfant » et à l’interdiction des espaces réservés aux adultes, connus sous le nom de « no kids ». Cette déclaration survient dans un contexte où la présence des enfants dans l’espace public a considérablement diminué au cours des quarante dernières années.
Le rapport de la CNCDH souligne un paradoxe : alors que l’intolérance envers les enfants semble croître, la France fait face à une inquiétude grandissante concernant la baisse de la natalité, qui atteint son niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 2025, 644 000 naissances ont été enregistrées, représentant une diminution d’environ un quart par rapport à 2010, selon l’Institut national de la statistique (Insee).
Le phénomène des espaces «no kids» a suscité des controverses, notamment après qu’une nouvelle offre de la SNCF a exclu les enfants de moins de 12 ans, promettant « calme » et « confort » aux passagers. Cette initiative a été critiquée par la CNCDH, qui a été saisie par la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry. Elle a exprimé que ces espaces pourraient constituer une forme de discrimination et a plaidé pour leur interdiction sauf si leur justification repose sur la protection de l’enfant.
Parmi les recommandations de la commission, on trouve également la nécessité de concevoir des aires de jeux en concertation avec les enfants et de réduire la vitesse de circulation dans les zones urbaines. La CNCDH a également évoqué l’idée d’abaisser l’âge du droit de vote pour certaines élections, afin d’inclure davantage les jeunes dans les décisions politiques.
En somme, la CNCDH appelle à une réévaluation de la place des enfants dans la société, les considérant non pas uniquement comme des individus à surveiller ou contrôler, mais comme des citoyens à part entière, dont la dignité est égale à celle des adultes.
Source : CNCDH, Insee.
