Escroquerie immobilière : 196 victimes réclament réparation dans un procès.

Ils ont tout perdu : Un procès pour escroquerie immobilière à Bourges

Les faits s’échelonnent de 2017 à 2020. Six prévenus comparaissent à Bourges depuis ce mercredi 9 septembre pour escroquerie en bande organisée et abus de confiance. Parmi eux se trouvent des marchands de biens, des conseillers financiers et des notaires, accusés d’avoir revendu des biens immobiliers en état de délabrement à des personnes vulnérables.

La salle d’audience du tribunal correctionnel de Bourges semble bien étroite. Un dossier aux ramifications complexes : 196 plaignants au total, dont seulement 50 sont présents. L’affaire va occuper les magistrats berruyers jusqu’à ce jeudi 10 septembre. Sur le banc des prévenus, six personnes font face à des accusations variées, allant de l’abus de biens à l’escroquerie en bande organisée.

À l’origine de ce procès, un marchand de biens aurait mis en place un système pyramidal. Des produits d’investissement étaient proposés à des particuliers sous forme de parts dans des sociétés commerciales immobilières (SCI). Cette pratique était rendue attractive par des promesses d’intéressement particulièrement alléchantes. Cependant, les biens immobiliers réels ne correspondaient pas aux attentes des investisseurs. Des appartements et maisons, achetés à Vierzon et Bourges, étaient valorisés à des prix exorbitants, souvent le double de leur valeur réelle. Les nouveaux investisseurs finançaient, par le paiement de leurs parts, les intérêts promis aux premiers actionnaires, un système connu comme une « pyramide de Ponzi ».

La communauté de communes de Vierzon et le service des Domaines suspectent des irrégularités par rapport aux prix habituellement pratiqués sur le marché immobilier local. Les différentes SCI sont aujourd’hui en liquidation. Maître Virginie Larcheron, avocate représentant les 196 victimes, a déclaré : « Mes clients ont perdu toutes leurs économies dans ces placements. Cela va de 26 000 euros jusqu’à 400 000 euros pour certains. » Elle souligne également que les victimes sont souvent des personnes âgées, dont la moyenne d’âge dépasse 70 ans et qui peuvent être invalides ou atteintes de troubles cognitifs. L’avocate réclame le remboursement intégral du préjudice financier, estimé à 11 millions d’euros, ainsi que des indemnités pour préjudice moral.

Ce mercredi 9 septembre, le marchand de biens au cœur de cette affaire n’était pas présent à l’audience, pas plus que son épouse mise en cause. Son avocat, Charles-Emmanuel Andrault, a expliqué que son client souffre d’une maladie invalidante. Deux notaires du département du Cher et une directrice commerciale sont également sur le banc des prévenus. Le tribunal devra déterminer leurs rôles respectifs. L’escroquerie en bande organisée est passible de 10 ans d’emprisonnement.

L’avocat du principal mis en cause a affirmé que son client n’avait pas eu l’intention d’escroquer et que son projet avait échoué malgré des débuts prometteurs. Il a justifié la survalorisation des biens par des travaux qui n’ont pu être réalisés en raison de la crise sanitaire du Covid.

Le tribunal correctionnel poursuivra l’examen du dossier ce jeudi 10 septembre, mais la décision pourrait être mise en délibéré à une date ultérieure.

Source : France 3 Centre-Val de Loire

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