Eramet : comment le Gabon s'est invité à la table où se décide l'avenir de son sous-sol | Gabonreview.com

Eramet : le Gabon s’affirme dans la gestion de son sous-sol

Le 20 juillet 2026, un protocole a été signé à l’Élysée, marquant une évolution significative dans la relation entre le Gabon et le groupe minier Eramet. Ce document, fruit de dix-huit mois de négociations, souligne un changement de dynamique où Libreville ne se contente plus de subir les décisions d’Eramet, mais commence à imposer ses conditions, notamment en matière de transformation locale des ressources.

Traditionnellement, la coopération entre le Gabon et Eramet se caractérisait par un schéma où Comilog, la filiale d’Eramet, extrayait et exportait le manganèse, tandis que la valeur ajoutée était principalement générée dans des usines situées à l’étranger, notamment en Norvège, en France et en Chine. La transformation locale était marginale, et les gouvernements successifs se contentaient d’une rente fiscale et de dividendes.

La nouvelle approche, initiée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a redéfini la stratégie gabonaise. En plaçant la transformation locale des ressources au cœur de la souveraineté économique, le Gabon a mis Eramet face à un choix clair : industrialiser au Gabon ou renégocier les termes de son exploitation.

Un aspect fondamental de ce changement est la nomination de Murielle Minkoué Mézui au conseil d’administration d’Eramet, une figure influente de l’appareil d’État gabonais. Cette nomination, ratifiée le 27 mai 2026, illustre l’intention de Libreville de superviser directement les affaires du groupe.

Parallèlement, le Gabon prévoit d’augmenter sa participation au capital d’Eramet, avec une opération de 500 millions d’euros, visant à acquérir près de 5 % du groupe. Cela représente une avancée significative, car le Gabon n’avait jusqu’à présent pas de part dans le capital de la maison mère cotée à Paris.

Le protocole signé à l’Élysée inclut un engagement d’Eramet à développer un plan chiffré pour la transformation locale, accompagné d’un fonds d’amorçage industriel et d’une filière biocharbon. En retour, le groupe obtient des garanties sur les décisions d’investissement et la prise en charge des coûts énergétiques par l’État gabonais.

Cependant, cet équilibre demeure fragile. Si les projets industriels n’avancent pas comme prévu, le Gabon pourrait considérer le protocole comme une simple manœuvre dilatoire. À l’inverse, la mise en service d’une usine d’oxyde de manganèse à Libreville, prévue pour fin 2028, pourrait transformer durablement la nature de ce partenariat.

Source : Gabonreview.com

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *