Les méthodes troubles de Soft2bet, géant des jeux en ligne
Les jeux d’argent en France sont strictement réglementés pour protéger les parieurs, mais de nombreux sites illégaux continuent d’opérer en contournant les contrôles. Une enquête menée par L’Œil du 20 Heures en collaboration avec le consortium Investigate Europe a mis en lumière les pratiques inquiétantes d’une entreprise en plein essor, Soft2bet.
Contexte factuel
Soft2bet, basée à Chypre, gère plusieurs sites de jeux d’argent accessibles en Europe, dont Frumzi, qui ne possède pas d’agrément en France. Ce site propose notamment des jeux de casino, interdits dans l’Hexagone, tout en ciblant explicitement les joueurs français avec des messages tels que : « Accéder au casino Frumzi depuis la France est rapide et facile. »
Des témoignages, comme celui de Rémi Thomassin, révèlent l’impact dévastateur de ces plateformes. Sur Frumzi, il a perdu 4 000 euros en trois jours, soit deux fois son salaire mensuel, malgré une demande d’interdiction de jeu sur les plateformes légales. Ce site ne vérifie pas l’identité des utilisateurs et ne fixe aucune limite sur la fréquence des paris, facilitant ainsi l’accès aux joueurs en difficulté.
L’enquête a également révélé que Soft2bet est liée à 127 sites interdits en France, générant près de 600 millions d’euros en quatre ans, issus de ces activités illégales.
Données ou statistiques
L’Autorité nationale des Jeux (ANJ) a reconnu ne pas avoir identifié Soft2bet parmi les opérateurs illégaux. En réponse à l’enquête, l’ANJ a reçu une liste des 127 sites concernés, mais admet que le blocage des sites illégaux est un défi constant, chaque site bloqué étant rapidement remplacé par un clone.
Conséquence directe
L’absence de vérification d’identité et le manque de régulation sur des sites comme Frumzi posent des risques sérieux pour les joueurs, en particulier ceux souffrant d’addiction. La situation soulève des questions sur l’efficacité des mes de contrôle de l’État face à un secteur en pleine expansion et difficile à réguler.
Source : Franceinfo
