Trafic de chiots : enquête sur les dessous d’un commerce florissant sur Internet
Sur les réseaux sociaux, les annonces de chiots à vendre se multiplient. Derrière les photos attendrissantes se cachent parfois de véritables trafics. Chiots importés illégalement, faux papiers, élevages clandestins : les associations et les enquêteurs alertent sur un commerce très lucratif.
Des petits teckels d’à peine trois mois, par exemple, sont devenus des cibles privilégiées pour les trafiquants. Emeline Ponot, présidente de l’association de sauvetage EMBE, souligne que ces races très à la mode peuvent être vendues illégalement pour des prix bien inférieurs à ceux des éleveurs classiques. Dans un élevage légal, un chiot peut coûter entre 1 800 et 2 000 euros, tandis qu’il ne coûtera que 900 euros en espèces sur le marché noir.
Acheter un chiot sur des plateformes comme Facebook ou Le Bon Coin est devenu un acte banal. Les annonces sont nombreuses, proposant des races diverses à des prix attractifs. Lors d’une investigation, des journalistes ont contacté une vendeuse qui proposait des spitz à 1 300 euros, un prix bien inférieur à la normale. En caméra cachée, il a été révélé que ces chiots provenaient de Russie, ayant suivi un circuit complexe pour obtenir de faux passeports bulgares. Le délai d’importation légal de sept mois n’était pas respecté, exposant la vendeuse à des sanctions pénales.
Chaque année, environ 100 000 chiens seraient importés clandestinement en France, souvent issus de ce que les enquêteurs appellent des « usines à chiots » en Bulgarie. Ces animaux, souvent malades et maltraités, entrent sur le territoire avec de faux documents, ce qui pose un risque sanitaire important.
Pour aider les acheteurs à s’y retrouver, certains détails peuvent éveiller des soupçons. Par exemple, un chiot français doit avoir une immatriculation de 15 chiffres commençant par 250. Les annonces comportant des numéros non conformes ou des ventes urgentes doivent être considérées avec méfiance.
Le Bon Coin a rappelé que la vente d’animaux par des particuliers est interdite sur son site, mais admet que certaines annonces peuvent sembler légales, rendant leur détection plus difficile. Actuellement, 6 Français sur 10 achètent leur animal de compagnie en ligne, ce qui complique davantage le contrôle de ce marché.
Source : Franceinfo

