Mali: opposants politiques enlevés depuis deux mois, ces messages distillés par les autorités sans parler

Mali : Enlèvements d’opposants politiques, le silence des autorités persiste

Au Mali, cela fait maintenant deux mois que Maître Mountaga Tall, avocat et homme politique, a été enlevé par des individus armés et masqués. Il est actuellement détenu par la Sécurité d’État dans un endroit inconnu, sans cadre judiciaire légal. Son fils a également été enlevé, tout comme d’autres figures critiques du régime, notamment Youssouf Daba Diawara et Moussa Djiré. Le nombre total des personnes disparues reste indéterminé et les autorités de transition n’ont pas communiqué à ce sujet.

Les familles et avocats des disparus expriment leur inquiétude et ont saisi la justice malienne et internationale, cherchant désespérément des informations. Les autorités de transition, malgré les interpellations, continuent d’adopter une stratégie du silence.

Le 1er mai, la justice militaire malienne a annoncé une enquête sur des soupçons de complicité dans des « attaques terroristes survenues le 25 avril », attribuées aux jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et aux indépendantistes du FLA. Ce communiqué mentionnait l’implication de « certains hommes politiques ». Le lendemain, une série d’enlèvements de personnalités pro-démocratie par la Sécurité d’État a commencé.

Pour l’opinion publique, un lien est établi entre ces événements et la répression des voix critiques. Les autorités, qui se maintiennent au pouvoir depuis près de six ans sans élections, ne fournissent aucun élément concret sur les enlèvements, mais distillent des messages à travers des canaux indirects.

Oumar Berté, avocat et politologue, souligne que « le silence sur certains dossiers est un mode de communication » pour les militaires au pouvoir. Ils ont réussi à propager l’idée que ces personnes sont liées aux groupes armés terroristes, créant ainsi un climat de peur et diaboliser la classe politique.

Cette méthode permet d’associer les acteurs politiques aux « ennemis de la Nation », tout en évitant de répondre aux défaillances sécuritaires ayant conduit à des événements tragiques, tels que la mort du ministre de la Défense Sadio Camara.

De plus, une stratégie de communication est mise en place pour réprimer toute forme d’expression libre et promouvoir un « journalisme patriotique », interdisant toute remise en question des enlèvements.

Le silence des autorités pourrait cependant être rompu, rappelle-t-on, en référence à l’arrestation de plusieurs dizaines de militaires en août 2025, accusés de complot, dont les noms avaient été exhibés à la télévision d’État.

Enfin, l’opposant Yaya Sangaré, figure politique et ancien ministre, est décédé le 29 juin, soulignant la fragilité de la scène politique malienne.

Source : RFI

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *