Pour un enfant, ce n’est pas neutre d’aller voir la police pour dire ce qui lui est arrivé : immersion dans la brigade des mineurs
Alors que les conclusions de l’enquête sur d’éventuels dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna sont attendues, la question de la prise en charge des enfants victimes d’agressions sexuelles se pose avec acuité. Comment recueillir la parole d’un enfant dans de telles circonstances ? Quels mots utiliser pour l’aider à s’exprimer ? Les équipes de France Télévisions ont obtenu l’autorisation de filmer au cœur de la brigade des mineurs de Paris.
Sur un bureau, une pile de dossiers récemment arrivés est examinée par la cheffe adjointe de la brigade de protection des mineurs. Ces dossiers contiennent des soupçons d’inceste, de violences sexuelles et de proxénétisme. Ils seront répartis entre les enquêteurs, qui doivent faire face à l’onde de choc laissée par l’affaire Lyhanna. La Commissaire divisionnaire Valentine Altmayer souligne : « C’est compliqué de vivre avec le fait qu’une affaire comme celle-ci montre que nous n’avons pas su protéger une enfant de manière collective. »
Les enquêteurs ont pour mission de « repérer les situations d’urgence, les plus graves et les profils les plus dangereux ». Cependant, le cœur de leur travail consiste à recueillir la parole des enfants. Les auditions se déroulent dans une salle aménagée pour leur confort, avec des tons pastel et des meubles adaptés. Valentine Altmayer explique : « Pour un enfant, ce n’est pas neutre d’aller voir la police. Ils sont souvent conscients des conséquences que cela aura sur les agresseurs, qu’ils aiment parfois. »
Les auditions sont intégralement filmées, permettant d’observer le langage non verbal des enfants. Une glace sans tain permet également à un enquêteur ou à un psychologue d’observer l’audition. La cheffe adjointe indique que le nombre d’affaires traitées par la brigade a doublé en cinq ans, soulignant l’augmentation des cas de violences faites aux mineurs.
Cette situation met en lumière la nécessité d’une approche délicate et adaptée lors de l’audition des enfants victimes, afin de leur permettre de s’exprimer sans pression ni distraction.
Source : Franceinfo
