Énergie : le patron d'Eni alerte sur la triple menace qui pèse sur l'Europe

Énergie : le patron d’Eni alerte sur la triple menace qui pèse sur l’Europe

Claudio Descalzi, PDG d’Eni, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une intervention devant la Commission des Activités productives de la Chambre italienne. Il a qualifié la situation actuelle de l’Europe de « pire crise énergétique depuis les années 1980 », citant trois chocs majeurs survenus en cinq ans : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les tensions dans le détroit d’Hormuz. Cette conjoncture a mis à mal un système déjà fragile, entraînant une chute des stocks de gaz à 53 %, contre 63 % un an plus tôt, et une dépendance accrue aux États-Unis.

Contexte factuel

Face à cette crise, Eni a décidé d’anticiper en transformant sa filiale Versalis, spécialisée dans la chimie, en bioraffineries. Ce choix, présenté comme une réussite, soulève cependant des questions sur la viabilité de l’industrie chimique européenne. Descalzi a exprimé son inquiétude quant à l’avenir de cette industrie, soulignant que l’Europe ne soutient pas ses acteurs face à des normes environnementales strictes et à une concurrence asiatique croissante.

Données ou statistiques

En dix ans, l’Europe a fermé au moins 20 % de ses capacités de raffinage, entraînant pour l’Italie l’obligation d’importer 5 millions de tonnes de jet-fuel par an, alors qu’elle n’en produit que 2,5 millions. De plus, le prix du gaz naturel a augmenté de 50 % en six mois, atteignant 55 euros par MWh sur le marché TTF d’Amsterdam.

Conséquence directe

Ces évolutions mettent en péril non seulement l’industrie chimique, mais aussi l’ensemble des chaînes d’approvisionnement en Europe, avec des impacts significatifs sur les coûts logistiques et la compétitivité des entreprises.

Source : Corriere della Sera.

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