Fécondation in vitro en Russie : le combat des veuves de soldats
En Russie, des épouses et compagnes de militaires engagés en Ukraine se battent pour avoir des enfants grâce au sperme congelé de leurs partenaires décédés. Valeria, dont le mari a été tué, a récemment reçu un message d’une clinique annonçant la destruction du sperme de son époux. « C’est tout ce qui me reste de lui, quelques cellules encore vivantes », confie-t-elle à Verstka, un média russe en exil. Son procès dure depuis un an, malgré un consentement signé par son mari.
Depuis le début du conflit, au moins huit régions russes ont vu des recours similaires être déposés. Les femmes se heurtent à une législation floue qui les empêche d’engager des procédures de fécondation in vitro (FIV) sans l’accord écrit de leur partenaire, ce qui pose problème lorsque celui-ci est décédé ou porté disparu.
La situation légale est complexe. À Saratov, une veuve a vu sa demande de transfert d’embryon rejetée, tandis qu’à Oufa, un juge a reconnu le droit d’une femme à utiliser le sperme de son compagnon décédé. Le cas le plus médiatisé est celui de Maria Sokolova, qui a obtenu l’autorisation d’utiliser le matériel génétique de son compagnon décédé et serait la première à être tombée enceinte après un tel procès.
La Douma russe envisage d’adopter une loi qui permettrait une FIV gratuite pour les veuves de soldats, à condition qu’elles ne se soient pas remariées. Ce texte, actuellement en discussion, pourrait entrer en vigueur le 1er décembre.
En attendant, le coût d’une FIV reste prohibitif, atteignant jusqu’à 747 000 roubles (environ 8 300 euros) pour deux tentatives, rendant la situation encore plus difficile pour les femmes concernées.
Source : Verstka