En Chine, votre pire lot n’est pas mal fabriqué, il est mal lancé
Un four mal réglé au démarrage ne rate pas une carte, il rate le lot entier. Et ça passe l’allumage. Qui vérifie ce qui sort vraiment ?
Un matin, les premières cartes sortent du four
Dans une usine de production électronique, les premières cartes sortent du four de refusion, qui fait fondre la pâte à souder pour fixer les composants. Bien que certaines cartes présentent des défauts tels qu’une soudure froide ou un composant décalé, elles s’allument lors des tests. Cependant, ces défauts ne se manifestent souvent qu’après quelques mois d’utilisation, chez le client final.
Le défaut de démarrage ne rate pas une carte, il rate tout le lot
La plupart des défauts en production électronique sont systématiques. Si le four est mal réglé, il applique la même erreur à toutes les cartes, produisant ainsi un lot entier de pièces défectueuses. Ce phénomène rend le démarrage de série particulièrement risqué, car une bonne usine mal lancée peut sortir un lot homogène de cartes non conformes.
Le contrôle réception en Europe arrive toujours trop tard
Lorsque le conteneur arrive, le lot est déjà produit et expédié. Les vérifications effectuées à ce stade, comme le test d’allumage, ne permettent pas de détecter des défauts de soudure qui se révèlent plus tard, sur le terrain. Le contrôle réception ne peut pas changer ce qui a déjà été fabriqué.
Le plan de contrôle est excellent sur le papier, il ne vaut que par son application
Les plans de contrôle, tels que l’inspection de la pâte à souder (SPI) ou l’inspection optique automatique (AOI), sont souvent bien conçus. Cependant, leur efficacité dépend de leur application réelle. Des contrôles peuvent être réalisés sur des échantillons choisis plutôt que sur la production en cours, ce qui fausse les rapports de qualité.
Le Ppm annoncé est un chiffre de vitrine
Le niveau de Ppm (pièces défectueuses par million) d’un prestataire est souvent mesuré sur des échantillons dans des conditions idéales, ce qui peut ne pas refléter la réalité de la production. Ce chiffre ne vaut que si un contrôle physique est effectué sur ce qui sort de la ligne.
Le sujet n’est pas la qualité des usines chinoises
Le problème ne réside pas dans la qualité de la main-d’œuvre ou des usines chinoises, qui peuvent être très compétentes. La véritable question est de savoir si le processus de lancement est correctement cadré. Même une excellente usine peut produire un lot défectueux si personne ne valide son démarrage.
Ce que j’exige au démarrage d’une série
Il est crucial de vérifier plusieurs éléments lors du démarrage d’une série : le profil thermique du four doit être validé sur la série réelle, le SPI doit être actif dès les premières cartes, et l’AOI doit fonctionner sur la série en cours avec un taux de rejet visible. De plus, il est essentiel qu’une personne soit physiquement présente pour surveiller le démarrage.
La seule question qui compte
Le démarrage de série détermine la qualité du lot. La vérification à réception ne peut qu’évaluer ce qui a déjà été produit. Ainsi, la question essentielle est de savoir qui était présent au démarrage de la série.
Source : Journal du Net


