Emploi des seniors : la France progresse mais reste derrière l’Europe
En 2025, le taux d’emploi des 55-64 ans en France atteint un nouveau seuil historique de 61,7 %. Bien que ce chiffre soit en hausse, il révèle un retard marqué par rapport à la moyenne européenne, notamment pour la tranche d’âge des 60-64 ans, ce qui souligne l’émergence d’une zone grise en fin de carrière.
Au cours des 25 dernières années, la présence des seniors sur le marché du travail français a connu une transformation significative. En effet, alors qu’au début des années 2000, le taux d’emploi des 55-64 ans ne dépassait pas 31 %, il a atteint 60,4 % en 2024, avant de progresser à 61,7 % en 2025.
Cependant, le rattrapage par rapport aux autres pays européens reste partiel. À l’échelle de l’Union européenne, le taux moyen s’élève à 66,4 % (contre 65,2 % en 2024, selon la Dares). L’écart est particulièrement marqué pour les 60-64 ans, qui quittent plus tôt le marché du travail en France qu’ailleurs en Europe.
Le verrou des 60-64 ans
Jusqu’à 56 ans, l’intégration des actifs français est solide, avec un taux d’emploi supérieur à 80 %. Une baisse progressive commence ensuite, se traduisant par un recul net dès 60 ans. En France, seuls 44,4 % des 60-64 ans occupent un emploi, contre 55,0 % au sein de l’Union européenne.
Le faible taux de chômage, qui atteint 5,2 % pour les plus de 55 ans en 2025 (après 5,4 % en 2024), masque ces disparités. Toutefois, cet indicateur ne reflète pas la réalité des seniors « NER » — ni en emploi, ni à la retraite.
Une réforme qui déplace le problème
La réforme des retraites de 2023, qui concerne les générations nées entre 1962 et 1964, commence à montrer des effets. À âge égal, leur taux d’emploi entre 60 et 64 ans est supérieur à celui des cohortes précédentes. Cependant, cette prolongation d’activité est plus aisée pour les cadres que pour les salariés soumis à une u professionnelle.
Un impact financier et organisationnel encore incertain
L’augmentation du taux d’emploi des seniors génère des rentrées de cotisations immédiates et retarde le versement des pensions. Cependant, cet équilibre pourrait être compromis par le report de certains coûts sur l’assurance maladie et les minima sociaux. Pour les entreprises, la gestion des carrières tardives nécessite des ajustements des postes de travail et des investissements dans la prévention de l’u professionnelle.
Cette situation appelle à des mes adaptées pour asr que l’amélioration des statistiques globales ne se fasse pas au détriment de la précarisation des actifs âgés.
Source : La Tribune


