« Je les ai trouvés plutôt complices » : comment Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont brisé les codes lors de leur visite au Musée Picasso d’Antibes ce jeudi

Emmanuel Macron et Giorgia Meloni : Une visite au Musée Picasso d’Antibes qui brise les codes diplomatiques

Le protocole avait tout prévu, sauf la demi-heure de retard de Giorgia Meloni. C’est pourtant grâce à ce contretemps que s’est joué le véritable prologue du sommet franco-italien. Récit d’une visite de quarante-cinq minutes où les codes diplomatiques ont pris quelques libertés.

Pour ce 36e sommet franco-italien, le choix du musée Picasso d’Antibes n’était pas anodin. Bien que la visite ait été rapide, elle s’est concentrée sur l’essentiel. Les deux chefs d’État ont focalisé leur attention sur les œuvres de Pablo Picasso, laissant de côté celles de Nicolas de Staël ou d’Hans Hartung.

« Ils se sont arrêtés sur La Joie de vivre », confie le maire d’Antibes, Jean Leonetti. Ce choix est d’autant plus symbolique que, selon le conservateur du musée, Jean-Louis Andral, cette œuvre représente un moment heureux de la vie de Picasso, marquant sa sortie de la guerre et sa rencontre avec Françoise Gilot.

Le duo de chefs d’État ne s’est pas contenté d’une simple visite en surface. Jean-Louis Andral a noté leur intérêt marqué : « En fait, ils ont été très attentifs à l’ensemble des salles et des œuvres présentes. Ils se sont beaucoup intéressés à la céramique aussi. »

Devant la toile, la barrière de la langue s’efface. Bien que Giorgia Meloni maîtrise également le français, la visite s’est déroulée en anglais, favorisant une cordialité évidente entre les deux dirigeants. « Je les ai trouvés plutôt complices l’un et l’autre. C’est normal, Antibes est une terre de conciliation », sourit Jean Leonetti.

L’ambiance à l’intérieur des salles a été fluide, en partie grâce à un imprévu : le retard de la chef du gouvernement italien a permis un échange inédit entre Emmanuel Macron et le maire d’Antibes. Pour éviter une attente formelle, Jean Leonetti a proposé de s’installer à l’intérieur, mais le Président a choisi de rester à l’extérieur, profitant de la vue sur la mer.

Les deux hommes se sont isolés sur la terrasse du Château Grimaldi. De quoi ont-ils parlé ? « C’était une concertation libre et amicale », esquive habilement le maire, gardant le secret.

Une image symbolise parfaitement ce moment : Emmanuel Macron, souriant, avançant d’un pas décidé le long des remparts, la veste de costume jetée sur le bras. Le conservateur a noté que « le côté très décontracté du président a permis des échanges. »

Le chef de l’État a également bousculé les règles de la République lors de l’accueil de la dirigeante italienne. Traditionnellement, un maire n’accueille pas un chef d’État étranger, mais Jean Leonetti a déclaré : « Finalement, il m’a dit qu’on l’accueillerait tous les deux. »

Au-delà de la politique et de l’art, cette rencontre au Musée Picasso était aussi une opération de séduction pour la cité antiboise. Pour sa première visite à Antibes, Giorgia Meloni s’est retrouvée en terrain connu, le maire soulignant que « c’est une ville d’organisation très italienne. »

Cette visite a non seulement permis de renforcer les liens entre la France et l’Italie, mais elle a également montré que, même dans un cadre protocolé, des moments de convivialité et de complicité peuvent émerger.

Source : Nice Matin.

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