Tombes gauloises de Dijon : des sépultures d’hommes assis découvertes
De récentes fouilles menées par l’Inrap à Dijon ont mis au jour plus d’une vingtaine de sépultures “d’hommes assis”. Cette pratique marginale dans la Gaule du second âge du fer intrigue archéologues et anthropologues qui recherchent des indices pour appréhender ces inhumations atypiques.
Dans les environs de l’église Sainte-Anne, petite église baroque du XVIIIe siècle au cœur de Dijon, des archéologues travaillent depuis les années 1990 pour documenter l’histoire du quartier de Sainte-Anne.
Une occupation gauloise en plein cœur de Dijon
Les fouilles ont débuté en 1992 dans le cadre d’une opération de sauvetage avant un réaménagement urbain. Ces recherches ont révélé une occupation très ancienne du site, remontant au second âge du Fer, plus précisément à la période de la Tène, qui s’étend du milieu du Ve siècle avant notre ère jusqu’au milieu du Ier siècle avant notre ère. Cette culture gauloise est connue pour ses pratiques funéraires, généralement caractérisées par des inhumations allongées accompagnées de biens matériels.
Les sépultures découvertes à Dijon sont distinctes. Les deux individus retrouvés étaient assis et dépouillés de tous objets funéraires. En outre, un cimetière d’animaux comprenant vingt-huit chiens, cinq moutons et deux truies a également été mis au jour, suggérant une activité cultuelle dans la région.
De nouvelles sépultures assises
Le mystère des sépultures assises a été relancé par de nouvelles fouilles de l’Inrap, dirigées par Hervé Laganier, débutées à l’automne 2024 sur le site du groupe scolaire Joséphine Baker en cours de réaménagement. Lors de cette campagne, un alignement de treize individus assis a été découvert, orienté nord-ouest/sud-est, en parfaite adéquation avec les deux sépultures de 1992. Parallèlement, un cimetière d’enfants de moins d’un an a été identifié, daté du Ier siècle de notre ère, indiquant une utilisation prolongée du site pour les inhumations.
En mars 2026, une seconde phase de fouille a été lancée, entraînant la découverte de huit nouvelles sépultures assises, portant à 23 le total dans le quartier.
Un mystère encore entier
Ces sépultures diffèrent des pratiques habituelles de l’époque de la Tène. Une étude comparative de 2017 a révélé une homogénéité dans cette pratique sur un territoire allant de la Suisse au nord de la France. Les individus assis sont tous des hommes d’âge mûr, souvent dépouillés de biens matériels, et leurs sépultures sont soigneusement organisées.
Les fouilles sont toujours en cours et les résultats préliminaires indiquent qu’aucune trace matérielle significative n’a été retrouvée, à l’exception d’un bracelet. Les études osseuses révèlent que les inhumés sont principalement des hommes, à l’exception d’un adolescent dont le sexe reste indéterminable.
Le mystère des raisons de ces inhumations atypiques demeure. Plusieurs hypothèses sont envisagées, incluant des pratiques religieuses, des rites sacrificiels, des punitions judiciaires ou une forme de relégation sociale. Toutefois, l’attention portée à ces inhumations semble indiquer une valorisation plutôt qu’une exclusion. Les recherches se poursuivent, avec l’espoir de découvrir des éléments éclairants sur ces pratiques.
Source : Inrap
