Ils ont vu l’étendue du massacre !
À Gasville-Oisème en Eure-et-Loir, militants, maires et parlementaires de gauche ont uni leurs voix ce samedi 29 août contre le projet d’autoroute A154. Face à l’accélération du dossier avant la présidentielle de 2027, les opposants dénoncent un chantier à 1,4 milliard d’euros jugé inutile, coûteux et climatiquement irresponsable.
Le ciel d’Eure-et-Loir s’assombrit pour les opposants au projet de rallongement de l’autoroute A154, qui s’étendrait de Rouen jusqu’à l’A10 entre Orléans et Paris, en passant notamment près de Dreux et de Chartres. En raison de l’élection présidentielle de 2027, l’État prévoit de donner un coup d’accélérateur pour signer le contrat de concession et entamer ce chantier dont les premières esquisses remontent à 2010 et la déclaration d’utilité publique à 2018.
Le « goûter paysan » organisé sous un ciel pluvieux par la Confédération paysanne avait pour but, grâce à la présence d’élus locaux et nationaux, de freiner le projet. Cette fois, une demi-douzaine de maires et de parlementaires se sont joints au rassemblement, qui comptait plus de 200 participants.
Parmi eux, les maires de plusieurs communes rurales sur le tracé prévu de l’axe autoroutier, tels qu’Allonnes, Berchères-les-Pierres, et Fresnay-l’Évêque, ont exprimé leurs préoccupations. Caroline Duvelle, porte-parole du collectif « Non à l’autoroute A154-A120 », a déclaré : « Ils n’osaient pas s’exprimer. Et puis ils ont vu l’étendue du massacre ! », faisant référence à la destruction de 600 hectares de terres agricoles.
Les opposants soulignent l’imperméabilisation des sols causée par la construction de cet axe autoroutier, synonyme de destruction de la biodiversité et de risques climatiques. Duvelle a alerté sur les conséquences du ruissellement des eaux de pluie, qui peut provoquer des inondations. À Gasville-Oisème, la commune a directement subi les dégâts d’une inondation sur l’A11, le 20 août 2025.
Des parlementaires, dont le député socialiste Philippe Brun et la députée insoumise Anne Stambach-Terrenoir, ont également appelé à la suspension du projet. Stambach-Terrenoir a souligné que cette lutte est cruciale dans la bataille contre le réchauffement climatique et que ce n’est pas seulement une lutte locale, mais pour l’intérêt général.
Les opposants estiment que le projet sera moins rentable que prévu. Caroline Duvelle a indiqué qu’il n’y aura pas de subvention d’équilibre, ce qui signifie que le financement de ce projet de 1,4 milliard d’euros reposera uniquement sur les péages, potentiellement élevés. L’axe aurait besoin de 20 000 véhicules par jour pour être rentable, alors que la RN154, actuellement à 2×2 voies gratuites, atteint 18 000 véhicules par jour entre Dreux et Chartres.
Enfin, ce projet se situe dans un contexte de contraction du trafic autoroutier, notamment en raison des hausses des prix du carburant, ce qui incite les opposants à proposer une alternative ferroviaire, actuellement non privilégiée.
Source : France 3 Régions

