En Éthiopie, face à la sécheresse et la désertification, des éleveurs deviennent agriculteurs - Reportage international

En Éthiopie, face à la sécheresse et la désertification, des éleveurs deviennent agriculteurs

Dans la région Somali, au sud-est de l’Éthiopie, les épisodes de sécheresse intensifiés et la progression de la désertification menacent l’existence des communautés pastorales. Pour s’adapter à ces nouvelles réalités, de nombreux éleveurs nomades abandonnent leur mode de vie traditionnel pour se tourner vers l’agro-pastoralisme.

À Cilaan, Ahmed Hussein Kalas, ancien éleveur nomade, témoigne de sa reconversion : « Notre mode de vie n’était pas compatible avec le changement climatique et la sécheresse. Les animaux mouraient les uns après les autres. Nous avons donc décidé de rester dans cette zone pour y monter une ferme. C’était la décision qu’il fallait prendre. » Depuis deux ans, il cultive des légumes, notamment des oignons, et utilise un système d’irrigation développé par les autorités locales en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’ONG locale Owda.

La région a connu cinq saisons des pluies déficitaires, marquant la pire sécheresse depuis 40 ans. Dans ce contexte, l’adaptation est devenue essentielle. Kalas prévoit de construire une maison et d’acquérir un véhicule pour améliorer son quotidien. « Aujourd’hui, je ne voudrais pas revenir au mode de vie pastoral », affirme-t-il.

Ferdusa Abdi, une autre agricultrice, explique que son hectare de culture lui permet de récolter 400 sacs d’oignons par saison, à 4 000 birrs chacun (environ 22 euros). Elle produit également du fourrage pour ses vaches, ce qui améliore la qualité du lait. « Avant de changer de vie, nos enfants souffraient pendant les sécheresses. Aujourd’hui, leur situation a radicalement changé : ils vont à l’école et consomment les légumes que nous cultivons », déclare-t-elle.

Cependant, les experts soulignent que l’agriculture n’est pas une solution miracle. Andrew Catley, professeur à l’université de Tufts, met en garde contre les risques associés à l’introduction de nouveaux projets qui perturbent les systèmes existants. « Bien que les gouvernements voient l’agriculture comme une solution moderne et sédentaire, la réalité est plus complexe », précise-t-il.

À Cilaan, plus de 1 000 éleveurs ont été contraints d’abandonner leur mode de vie traditionnel pour embrasser l’agriculture, une transition qui soulève des défis et des opportunités dans un contexte de crise climatique.

Source : RFI

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