« C’est l’hécatombe » : comment les éleveurs d’escargots font face aux vagues de chaleur
La canicule de cet été a eu des conséquences désastreuses pour l’élevage d’escargots en France. Frédéric Marcouyoux, éleveur en Bourgogne, constate une perte alarmante de sa production. Sur son parc de 1 300 m² à Villecomte (Côte-d’Or), il élève normalement 200 000 escargots par an. Cette année, il estime que seulement 100 000 pourraient survivre. « L’escargot est une éponge. Il lui faut de l’humidité. Dès qu’il fait chaud et sec, la mortalité augmente », explique-t-il.
L’éleveur souligne l’absence d’escargots dans son parc, où les planchettes de bois censées offrir de l’ombre ne révèlent que quelques gastéropodes. « Ça devrait être garni d’escargots. C’est l’hécatombe », déplore-t-il.
Les vagues de chaleur ne sont pas les seules responsables des pertes. Les escargots sont également menacés par des prédateurs, notamment des oiseaux, qui, en raison de la sécheresse, viennent chercher de la nourriture dans les parcs d’élevage. « Le sol est trop sec. Ils n’ont plus de limaces ni de vers et ils viennent ici se servir », précise Marcouyoux.
Les canicules deviennent de plus en plus fréquentes et intenses. En 15 ans, seulement deux étés ont été pluvieux. Les pertes observées en 2019 et 2020 atteignent 70 à 80 %, tandis qu’en 2021, elles se chiffrent entre 50 et 60 %. Face à cette situation, Marcouyoux s’interroge sur la pérennité de son activité, bien qu’il ait diversifié sa ferme avec des moutons et des ruches.
Hervé Ménelot, un autre éleveur d’escargots de Fénay (Côte-d’Or), est également touché. Sur un parc de 600 m², il élève 500 000 escargots, mais prévoit des pertes de 50 à 70 %. « C’est la catastrophe », déclare-t-il, pointant du doigt la végétation grillée qui devrait abriter ses animaux.
La situation est telle que sur les dix héliciculteurs de Côte-d’Or, trois ont déjà cessé leur activité, déclarant que vivre de cette production n’était plus viable. Emilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs de France, confirme que de plus en plus d’exploitations sont menacées.
La filière française est déjà en difficulté, avec environ 400 éleveurs, et seulement 5 % des escargots consommés en France proviennent de l’Hexagone. La crise actuelle soulève des inquiétudes quant à la survie même de l’élevage d’escargots en France.
Source : DNA


