Élections en Zambie : une “success-story” économique face au verdict des urnes

Élections en Zambie : une “success-story” économique face au verdict des urnes

La réélection du président zambien, Hakainde Hichilema, semble acquise selon plusieurs observateurs. Dans la capitale, Lusaka, les rues sont ornées de panneaux affichant son portrait, tandis que son principal rival, Brian Mundubile, reste peu visible. Hichilema, membre du Parti uni pour le développement national (UPND), a accédé au pouvoir en 2021 alors que la Zambie était le premier pays africain à déclarer un défaut de paiement de sa dette pendant la pandémie. Depuis, son gouvernement a restructuré cette dette et a tiré parti de la demande mondiale de cuivre, dont la Zambie est le deuxième producteur mondial, pour augmenter les dépenses sociales.

Un bilan économique reluisant

Sous la direction de Hichilema, la Zambie est devenue le deuxième exportateur de cuivre d’Afrique. La production de volumes record à des prix proches de « sommets historiques » a permis un redressement économique qualifié de « success-story africaine ». En 2024, les activités de la mine de cuivre de Lumwana ont généré 887 millions de dollars en retombées économiques, notamment sous forme de redevances, d’impôts, de salaires et d’achats de biens et services locaux. L’inflation a été maîtrisée et les investissements dans les infrastructures ont augmenté, tout comme les investissements dans le secteur minier.

Cependant, cette dynamique positive a été entachée par une flambée du coût de la vie et un taux de pauvreté parmi les plus élevés. En 2024, la Zambie a été touchée par la pire sécheresse depuis des décennies, entraînant des pertes de récoltes, une production hydroélectrique paralysée et une monnaie en dévaluation. Malgré ces revers, l’économie a montré des signes de reprise en 2026, soutenue par des récoltes de maïs record.

Conséquences politiques

Ces éléments pourraient influencer le scrutin, favorisant Brian Mundubile, ancien allié du défunt président Edgar Lungu, qui dirige une opposition fragmentée. Bien que Hichilema reste le favori grâce à son bilan économique, le mécontentement social face à la hausse des prix remet en question l’acquisition de sa réélection. Mundubile a axé sa campagne sur la lutte contre l’inflation, la création d’emplois et la réduction du coût de la vie, répondant ainsi aux préoccupations des jeunes électeurs.

La Zambie est souvent citée comme un exemple de transition démocratique, mais le climat politique s’est durci. Des critiques sur les restrictions aux libertés politiques ont émergé, et l’Union européenne a déployé des observateurs pour surveiller le scrutin. Des divisions au sein de l’opposition compliquent également la situation pour Mundubile, qui doit faire face à des factions rivales.

Alors que la presse locale affirme que « les Zambiens ont décidé » de voter pour le développement, il reste à voir si cette tendance se traduira par des résultats aux urnes.

Sources : Bloomberg, Agence Ecofin, The New York Times, Sudan Horizon, Times of Zambia.

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