El Niño fait baisser le niveau du canal de Panama et perturbe le commerce mondial
Le canal de Panama, essentiel pour le commerce maritime international, fait face à une crise d’approvisionnement en eau, exacerbée par le phénomène climatique El Niño. Cette situation a des répercussions significatives sur le trafic maritime et, par conséquent, sur l’économie mondiale.
Pourquoi le canal de Panama manque-t-il d’eau ?
Le fonctionnement du canal dépend directement des précipitations. Les lacs Gatún et Alhajuela, qui constituent d’immenses réserves d’eau douce, sont utilisés pour alimenter les écluses permettant aux navires de franchir les 80 km séparant l’Atlantique et le Pacifique. Cependant, malgré la saison des pluies, qui s’étend normalement de mai à novembre, les précipitations sont très déficitaires cette année. Entre mai et août, elles ont été environ 34 % inférieures à la normale sur le bassin du canal, tandis que les apports d’eau dans les réservoirs ont chuté d’environ 44 %.
Quel rôle joue El Niño dans cette sécheresse ?
El Niño, qui correspond à un réchauffement anormal d’une partie du Pacifique équatorial, bouleverse la circulation atmosphérique tropicale. Au Panama, il est généralement associé à une diminution des précipitations, retardant ou perturbant la saison humide. L’Autorité du canal évoque ainsi une saison des pluies 2026 « irrégulière », marquée par une nette baisse des précipitations. Les mois à venir seront cruciaux : septembre, octobre et novembre sont essentiels pour remplir les réservoirs avant le retour de la saison sèche.
La capacité de passage du canal, qui était d’environ 36 navires par jour, a été réduite à 34 début septembre, puis à 32 à partir du 15 septembre. Une nouvelle réduction est envisageable cet hiver, avec des estimations pouvant descendre à environ 29 passages par jour en février ou mars si les pluies restent insuffisantes. De plus, le tirant d’eau maximal autorisé pour les plus grands navires sera abaissé à 14,48 m le 1er octobre, ce qui pourrait contraindre certains porte-conteneurs à réduire leur chargement.
Le scénario de 2023 pourrait-il se reproduire ?
La situation actuelle rappelle la sécheresse historique de 2023-2024, où le bassin du canal avait enregistré un déficit pluviométrique proche de 30 %, avec un trafic réduit à seulement 22 navires par jour. Bien que la situation actuelle ne soit pas encore comparable, les autorités cherchent à éviter une nouvelle crise en économisant l’eau dès maintenant. Ce problème dépasse largement le Panama, car environ 5 % du commerce mondial transite par cette voie maritime, reliant plus de 1 700 ports dans 160 pays.
Source : La Chaîne Météo

