Phénomène climatique El Niño en Afrique de l’Est : « Il pourrait y avoir 3 millions de personnes déplacées »
Selon une étude publiée le 24 août 2026 par le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), le phénomène climatique El Niño, qui se manifeste progressivement dans la Corne de l’Afrique, devrait exacerber les inondations lors de la saison des pluies à venir. Les modélisations de l’ONG, ciblant quatre pays est-africains (Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan du Sud), prévoient que jusqu’à 10 millions de personnes seront affectées, entraînant le déplacement de plusieurs millions de citoyens.
Pauline Wesolek, conseillère en plaidoyer et communication pour l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs au DRC, souligne que ces prévisions constituent un signal d’alarme. Dans le scénario le plus préoccupant, environ 3 millions de personnes pourraient être déplacées dans ces pays. Wesolek met en avant que les populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés et ceux déjà déplacés par des conflits ou d’autres chocs climatiques, sont souvent celles qui habitent les zones les plus à risque pour les inondations et la sécheresse.
Actuellement, les effets d’El Niño se manifestent principalement par des sécheresses, mais des inondations significatives sont attendues à partir d’octobre, pouvant se prolonger jusqu’en 2027 pour la Somalie. Les inondations dans cette région sont particulièrement dévastatrices et leur impact sur les personnes touchées est considérable.
Des systèmes d’alerte précoce existent, comme celui mis en place par une compagnie de téléphonie en Somalie en 2023, qui envoie des messages sur les téléphones portables. Le DRC a également initié des campagnes de sensibilisation dans les camps de déplacés, informant les populations sur les risques et les mes à suivre. Cependant, la capacité d’action des personnes vulnérables demeure limitée, car beaucoup vivent dans des abris précaires qui ne les protègent pas des intempéries.
Les actions préventives, telles que l’assistance financière avant les inondations, sont cruciales. En 2023, 90 % des bénéficiaires de cette aide ont pu se mettre en sécurité, améliorant ainsi leur sécurité d’emploi et nutritionnelle.
Source : RFI

