Climat : le retour d’El Niño accroît le risque de phénomènes extrêmes
Alors que les records de chaleur tombent un à un dans de nombreuses régions du monde, le phénomène El Niño s’installe dans le Pacifique tropical, après plusieurs années dominées par La Niña, et devrait rapidement gagner en puissance. Ce phénomène climatique naturel, provoqué par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, augmente le risque de phénomènes météorologiques extrêmes au-delà du Pacifique.
« El Niño donnera également un coup d’accélérateur supplémentaire aux températures mondiales », a averti Alvaro Silva, scientifique de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), lors d’un point de presse à Genève. Les prévisions de l’agence des Nations Unies indiquent un renforcement rapide du phénomène entre juillet et septembre, avec des anomalies saisonnières dépassant les 2 °C dans plusieurs zones. Cette accumulation de chaleur perturbe les grands courants atmosphériques et redistribue les régimes météorologiques à l’échelle de la planète.
Cette annonce intervient alors que l’été commence dans l’hémisphère Nord, avec des températures exceptionnelles déjà observées. Par exemple, l’Allemagne a enregistré un nouveau record national avec 41,7 °C. Aux États-Unis, une vague de chaleur « prolongée et dangereuse » est signalée dans le centre et l’est du pays, selon le Service météorologique national américain.
El Niño ne crée pas à lui seul ces épisodes extrêmes, mais il agit comme un amplificateur d’un climat déjà réchauffé par les émissions humaines de gaz à effet de serre. L’intensité d’El Niño accroît la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans diverses régions du monde.
Les conséquences attendues varient selon les continents. L’OMM anticipe des conditions plus sèches que la normale en Amérique centrale, dans les Caraïbes et dans certaines régions d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud. À l’inverse, l’Afrique de l’Est pourrait connaître des pluies supérieures aux normales entre septembre et décembre, avec un risque accru d’inondations.
Face à ces perspectives, l’OMM a engagé une mobilisation « sans précédent » avec les services météorologiques nationaux pour aider les gouvernements à anticiper les risques. « Nous disposons encore d’une fenêtre pour nous préparer et agir de manière précoce. Mais cette fenêtre se referme dans certaines régions », a averti Alvaro Silva.
El Niño apparaît en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement entre neuf et 12 mois, atteignant son intensité maximale entre novembre et février. Si le réchauffement climatique fixe désormais un niveau de chaleur de plus en plus élevé, El Niño pourrait, dans les mois à venir, pousser encore davantage la planète vers ses limites.
Source : Organisation météorologique mondiale (OMM)
