Ed Alcock passe nos légendes au révélateur — Blind Magazine

Ed Alcock passe nos légendes au révélateur

Paris, France – Ed Alcock, photographe de 52 ans et correspondant du New York Times à Paris depuis 2000, présente pour la première fois son travail personnel dans une exposition intitulée « Secrets et mensonges ». Cet événement, qui se déroule au Château de Tours jusqu’au 8 novembre 2026, permet au public de découvrir des séries photographiques qui mettent en lumière les non-dits et les mensonges, tant familiaux que nationaux.

Alcock, membre du collectif MYOP depuis 2011, a décidé de prendre une approche plus personnelle dans sa création. Lors de son mariage en Grèce, il lit Un roman russe d’Emmanuel Carrère, dont la question « Pourquoi fait-on toujours semblant de ne pas être là ? » lui fait prendre conscience de l’imposture du documentariste en tant que témoin neutre. Ce moment marque le début de son projet autobiographique « Hobbledehoy » (2009-2013), qui s’ouvre sur une image de son fils Nino endormi dans les bras de sa mère.

L’exposition présente des séries telles que « Love Lane » et « The Wait », chacune explorant des thèmes de silence et de secrets familiaux. Le projet « The Wait » est né d’un appel de son père révélant l’existence d’un demi-frère, un secret qui pèse lourdement sur la dynamique familiale d’Alcock. À chaque visite chez ses grands-parents, il a dû feindre l’ignorance, un mensonge qui a fini par le distancier de sa propre histoire.

En parallèle, la série « Home Sweet Home » (2016-2020) répond à la colère d’Alcock face au Brexit, qu’il considère comme une rupture avec son identité européenne. Ce travail explore les paysages et les visages du Royaume-Uni après le référendum, tout en cherchant une forme d’appartenance.

Récemment, il a créé « Buried Trea » (2023-2025), un projet ancré dans son héritage familial, en particulier l’histoire tragique de son grand-oncle Kendon, décédé à 17 ans dans une mine. Alcock découvre que la légende familiale, qui parlait d’un accident spectaculaire, est en réalité basée sur des faits beaucoup plus tragiques et quotidiens liés à la vie minière.

L’exposition est accompagnée d’un film où Alcock aborde la complexité de ses racines et les mensonges qui les entourent. En 2018, il obtient la nationalité française, un acte qui ne fait qu’accroître son sentiment de déchirement entre ses origines et son identité actuelle.

L’exposition « Secrets et mensonges » d’Ed Alcock est visible au Château de Tours jusqu’au 8 novembre 2026.

Source : Blind Magazine

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