Écrans et adolescents : une étude révèle un effet inattendu sur leurs capacités cognitives
Les écrans sont souvent critiqués pour leur impact négatif sur l’attention et les apprentissages des enfants. Cependant, une étude récente publiée en 2026 dans la revue Pediatric Exercise Science offre une perspective différente. Cette recherche a suivi 260 enfants finlandais pendant huit ans, les observant jusqu’à l’âge de 15 à 17 ans, afin d’explorer les relations entre activité physique, sédentarité, utilisation des écrans et cognition. À trois moments clés de leur développement, les chercheurs ont mesuré l’activité des participants via des capteurs et des questionnaires. À l’adolescence, des tests ont été réalisés pour évaluer l’attention, la mémoire de travail, le temps de réaction et l’apprentissage.
De manière inattendue, il a été observé que les adolescents ayant déclaré le plus de temps d’écran depuis leur enfance avaient obtenu de meilleurs résultats en mémoire de travail et en cognition globale. D’autres activités sédentaires sans écran, telles que la lecture, l’écriture, le dessin, la pratique d’un instrument ou les jeux de société, étaient également liées à des performances plus rapides dans des exercices de mémoire.
Les auteurs de l’étude suggèrent que toutes les activités sédentaires ne sont pas équivalentes. Par exemple, jouer à certains jeux vidéo, utiliser un ordinateur, lire ou faire ses devoirs pourrait mobiliser des compétences telles que le raisonnement, la mémoire et l’attention. Ainsi, le contexte et le contenu regardé semblent avoir plus d’importance que la seule durée d’utilisation des écrans.
Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Les chercheurs ont noté qu’aucun lien n’a été établi entre le temps sédentaire mesuré par les capteurs et les performances cognitives. L’association observée repose sur des déclarations concernant le temps d’écran, pouvant être sujettes à des estimations imprécises. L’étude met également en évidence une corrélation, sans établir de lien de cause à effet. Les capacités cognitives n’ayant été évaluées qu’à l’adolescence, il reste incertain si les écrans ont eu un impact positif sur ces résultats ou si les jeunes ayant déjà de bonnes aptitudes les utilisaient davantage.
En conclusion, les chercheurs ne recommandent pas d’augmenter le temps passé devant les écrans. Ils soulignent plutôt l’importance de la nature des usages, de l’âge de l’enfant, ainsi que de l’équilibre avec le sommeil, l’école, les relations sociales et l’activité physique. Une heure consacrée à des activités créatives ou d’apprentissage ne produit probablement pas les mêmes effets qu’une heure de défilement passif.
Source : Pediatric Exercise Science (2026).

