École Saint-Dominique à Paris : un concentré des dysfonctionnements du périscolaire
Les événements récents à l’école maternelle Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement de Paris, mettent en lumière des dysfonctionnements préoccupants au sein du système périscolaire parisien. En mai 2026, lors d’une réunion au sein de la CFDT, une vingtaine d’animateurs et animatrices, suspendus suite à des signalements, écoutent attentivement les conseils de leur avocat, Benoît Arvis. Un des animateurs témoigne : « J’ai été suspendu parce qu’un parent a écrit un mail pour dire que j’ai touché son enfant aux toilettes. J’apprends aux enfants à jouer aux échecs, je ne les accompagne pas aux toilettes. »
Ces suspensions, qui peuvent durer jusqu’à quatre mois et être renouvelées, font suite à des enquêtes menées par la Ville, le service Jeunesse et Sports, et potentiellement la police. Parmi les participants à cette réunion, cinq animateurs de l’école Saint-Dominique seront interpellés deux semaines plus tard, dont l’un sera placé en détention après une mise en examen pour des accusations graves.
Cette école se retrouve dans une situation inédite, où sur une équipe de quinze personnes, dix sont suspendues. La mobilisation judiciaire a été forte, avec trois familles qui ont porté plainte contre l’ex-maire de Paris, Anne Hidalgo, et son ancien adjoint, Patrick Bloche, pour mise en danger de mineurs. Rachida Dati, actuelle maire de l’arrondissement, s’oppose à Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, sur la question des responsabilités dans le recrutement des animateurs.
Contexte factuel
L’école Saint-Dominique n’est pas un cas isolé. En 2015, une mission d’information de la mairie avait déjà recensé 117 signalements, dont 23 concernant des atteintes sexuelles. La directrice des affaires scolaires, Virginie Darpheuille, avait alors affirmé que l’augmentation des signalements était une bonne chose, car cela permettait de mieux identifier les incidents. Cependant, malgré ces alertes, le système semble avoir échoué à protéger les enfants.
Des parents ont également signalé des comportements inappropriés d’animateurs, allant de gestes inadaptés à des violences sexuelles entre enfants. Un rapport d’inspectrices de l’Éducation nationale en juillet 2026 a reconnu que ces alertes n’avaient pas été suivies d’investigations suffisantes, notant que « la répétition d’alertes similaires aurait dû conduire à une prise en compte plus approfondie ».
Données ou statistiques
Avant janvier 2026, la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) avait reçu au moins six signalements concernant des violences à l’école Saint-Dominique, sans qu’aucun recoupement ne soit effectué. En juin dernier, la mairie de Paris a déclaré avoir fait 77 signalements au parquet pour 132 animateurs suspendus.
Conséquence directe
Les tensions se sont exacerbées entre les parents d’élèves, en partie à cause de la « doctrine » du silence appliquée sur les affaires périscolaires. Les parents élus ont été informés des suspensions, mais d’autres parents n’ont pas été mis au courant, ce qui a provoqué un sentiment de trahison. Cette situation soulève des questions sur la gestion des signalements et la protection des enfants dans le cadre périscolaire.
Source : Franceinfo.



