Ecole inclusive, la faillite du sur-me, le piège du prêt-à-porter

École inclusive : entre promesses et réalité

Alors que les élèves achèvent les évaluations de fin d’année, l’école inclusive fait face à un examen de conscience. Officiellement, son objectif est d’accueillir chaque enfant dans sa singularité. Cependant, la promesse d’un système « sur-me » s’avère problématique, car l’égalité parfaite demeure une illusion. S’adapter à « chaque enfant » peut mener à une surcharge pour les enseignants et à une étiquetage des élèves.

Dans le canton de Vaud, la situation s’est intensifiée. En juin 2026, le conseiller d’État Frédéric Borloz a présenté un plan d’action d’urgence pour faire face à une montée des troubles du comportement et à une dégradation de la santé mentale, ajoutés aux troubles « dys » et au TDAH. L’État envisage un changement de cap vers un modèle « prêt-à-porter », avec une réintroduction discrète de la séparation en milieu ordinaire.

Le débat autour de l’inclusion est souvent enlisée dans des discours sur le manque de moyens. Pourtant, des ressources considérables ont été allouées à l’école vaudoise pour l’inclusion. Il est nécessaire d’adopter une approche pragmatique, en soutenant ceux qui en ont besoin sans diminuer les exigences pour les autres.

Cette dérive a été récemment remise en question par un arrêt du Tribunal cantonal, qui a critiqué la généralisation du tiers temps d’examen. De nombreux établissements accordaient cette rallonge à toute la classe pour éviter une gestion différenciée, ce qui, selon les juges, violait le principe d’égalité de traitement. Cela ne compense rien, mais déplace la norme, laissant certains élèves en difficulté.

L’inclusion ne doit pas être perçue comme une simple démarche morale. Sans un investissement significatif dans le coenseignement, la réduction des effectifs et des mes compensatoires individualisées, elle pourrait devenir une machine à exclure. Pour que l’école publique reste un lieu d’égalité des chances, un véritable courage pragmatique est requis.

Source : Le Temps

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