J’ai vécu des journées à ne plus savoir quoi faire : l’éco-anxiété face aux événements climatiques extrêmes
Alors que nous traversons un été exceptionnellement chaud, marqué par de violents incendies et une importante sécheresse, les Français s’inquiètent de plus en plus de l’avenir.
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Canicules à répétition, records de températures, incendies monstres… L’été 2026 est exceptionnel, mais il deviendra la norme dans les prochaines décennies, ce qui réveille chez de nombreux Français une angoisse du réchauffement climatique. C’est ce qu’on appelle l’éco-anxiété.
Cet été, Rémi, 27 ans, se pose beaucoup de questions sur l’avenir : « Est-ce qu’on va pouvoir finir notre vie comme nos parents l’ont finie ? » Travaillant dans le cinéma, il est très marqué par les canicules, notamment celle historique de juin. « J’ai vécu des journées à ne plus savoir quoi faire, confie-t-il. Même mon travail, je l’ai trouvé futile. Quand on se retrouve face à une situation qui ne nous permet même pas de vivre correctement au quotidien, pourquoi retourner au bureau ?«
Avec l’angoisse immédiate provoquée par les fortes chaleurs, vient aussi l’appréhension. « J’ai eu très très peur des canicules d’après« , ajoute Rémi. Un sentiment partagé par Marie, 28 ans, qui souligne : « Ce qui rend surtout anxieux, c’est de voir qu’on manque de pouvoir à notre échelle de citoyens pour faire bouger les choses. On fait des manifestations, mais on se rend compte que, d’année en année, c’est de pire en pire.«
« J’ai carrément perdu espoir, je ne sais pas comment les choses peuvent bouger et c’est ça qui rend anxieux. »
Marie, avocateà franceinfo
Cette avocate envisage même de quitter Paris pour une région plus fraîche et de renoncer à faire des enfants. « J’ai peur, je n’ai pas envie qu’ils crament sous 30 ou 50 degrés« , lâche-t-elle. « Je n’ai pas envie de mettre sur terre des petits êtres qui vont devoir réguler leur corps en fonction de températures qui ne sont pas supportables humainement parlant.«
Le psychologue Pierre-Eric Sutter, spécialiste de l’éco-anxiété, note un pic d’éco-anxiété cet été. « C’est aussi intense que l’événement climatique lui-même est exceptionnel« , observe-t-il. Il a fondé l’Observatoire de l’éco-anxiété, qui comptait en 2024 deux millions de Français « fortement éco-anxieux ». Cette année, ils sont un million de plus.
Les premiers symptômes incluent des troubles du sommeil. Dans les cas plus graves, l’éco-anxiété peut mener à des psychopathologies, comme la dépression ou des troubles anxieux généralisés. « Des gens peuvent avoir des idées noires et se dire ‘à quoi bon vivre si tout est foutu’« , explique Sutter. Il souligne l’importance de former les médecins et les psychologues face à cette problématique, souvent mal comprise.
Source : Franceinfo



