Après l'échec du Scaf porté par la France et l'Allemagne, un autre projet d'avion de combat européen peut-il redécoller ? – franceinfo

Après l’échec du Scaf, l’avenir de l’aviation de combat européenne en question

Le projet de Système de combat aérien du futur (Scaf), porté par la France et l’Allemagne, a été officiellement abandonné, comme l’a annoncé le gouvernement allemand le 8 juin. Cette décision fait suite à des tensions persistantes entre les acteurs industriels et politiques des deux pays, ainsi qu’à des divergences sur les besoins militaires.

Lancé en 2017, le Scaf avait pour ambition de créer un nouvel avion de combat, accompagné de drones interconnectés, destiné à remplacer l’Eurofighter Typhoon en Allemagne et le Rafale en France. Ce projet s’inscrivait dans un contexte où les pays européens cherchaient à renforcer leur coopération en matière de défense, particulièrement face à la menace russe.

Parmi les raisons de cet échec figurent des rivalités entre Dassault et Airbus concernant le leadership du projet. Renaud Bellais, codirecteur de l’Observatoire de la défense, souligne que « le problème a été celui de la rivalité pour le leadership ». De plus, un désaccord majeur existait depuis 2018, les deux nations ne partageant pas les mêmes besoins en matière d’avion.

En réaction à cet échec, Airbus a annoncé la formation d’une alliance nommée « Team Gen 6 », réunissant huit entreprises, dont le missilier européen MBDA, pour développer un nouvel avion de combat de sixième génération. Cette initiative vise à façonner le futur système de combat aérien européen.

L’Allemagne pourrait envisager de lancer un programme national, en tenant compte du besoin imminent de remplacer l’Eurofighter. Le ministre de la Défense allemand a déclaré que de nouvelles options étaient à l’étude, y compris un renforcement des achats d’avions américains F-35 ou une coopération avec d’autres projets internationaux.

La France, de son côté, pourrait également envisager de développer un nouvel avion de combat de manière autonome, comme l’a indiqué la ministre des Armées. Cependant, les enjeux financiers pourraient limiter cette possibilité, car le coût du programme Scaf, estimé à plus de 100 milliards d’euros, semble difficile à gérer pour un projet purement français.

Les perspectives de coopération avec d’autres pays, comme la Suède, sont également à l’étude. Thierry Carlier, ambassadeur de France en Suède, a évoqué la possibilité d’une convergence sur une vision commune de l’avion de combat du futur.

L’abandon du Scaf est perçu comme une « grosse claque » pour l’Espagne, qui avait également un intérêt dans le projet. La ministre de la Défense espagnole a exprimé ses inquiétudes quant à l’autonomie stratégique de l’Europe, déplorant que les intérêts industriels aient prévalu sur les besoins en sécurité.

En conclusion, bien que l’échec du Scaf ouvre de nouvelles voies pour l’industrie de défense européenne, il soulève également des questions sur la capacité des nations à collaborer efficacement pour développer un système d’armement commun.

Source : Franceinfo

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