Rejet du projet d’expansion de l’aéroport Billy Bishop : un soulagement pour les militants
Avec le rejet du projet d’expansion de l’aéroport Billy Bishop par le gouvernement fédéral, les militants qui s’opposaient à l’agrandissement de la piste d’atterrissage de cet aéroport situé au centre-ville de Toronto ont exprimé leur soulagement. Cependant, l’Ontario ne renonce pas à ses ambitions d’expansion.
Vendredi, le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a annoncé par communiqué que son gouvernement allait « se concentrer exclusivement sur les améliorations en matière de sécurité déjà approuvées ». Il a également affirmé qu’il continuerait de collaborer avec les partenaires afin d’évaluer les besoins de la région en matière de connectivité tout en protégeant les intérêts des résidents.
MacKinnon a précisé que le gouvernement n’irait pas de l’avant avec des projets qui empiéteraient sur des espaces publics précieux, tels que le parc Little Norway ou la plage Hanlan’s Point, qui pourraient entraîner une augmentation du bruit, avoir des répercussions environnementales importantes ou nuire à la capacité de Toronto de construire des logements nécessaires.
La députée fédérale de Spadina-Harbourfront, Chi Nguyen, a souligné que cette décision reflète la volonté des Torontois, déclarant que ce projet n’était « pas quelque chose que nos résidents souhaitent ni que je peux soutenir ».
John Gradek, spécialiste en aviation, a également exprimé des doutes quant à la nécessité de cette expansion, affirmant qu’« il n’y avait vraiment aucune donnée probante à notre disposition qui examinait les justifications de cet agrandissement ».
Ce rejet n’est pas une première : en 2015, sous le gouvernement libéral, Marc Garneau, alors ministre des Transports, avait déjà fermé la porte à un projet similaire permettant aux avions à réaction d’atterrir à l’aéroport Billy Bishop. Au printemps dernier, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avait relancé le projet en exprimant sa volonté d’exproprier la Ville de Toronto de l’accord tripartite qui régit la gestion des terrains de l’aéroport.
Malgré ce revers, le ministre ontarien des Transports, Prabmeet Sarkaria, a indiqué qu’il se réjouissait de poursuivre les efforts pour faire avancer l’agrandissement de l’aéroport, estimant que le projet pourrait générer des retombées économiques de 8,5 milliards de dollars par an pour l’économie canadienne.
En désignant l’aéroport Billy Bishop comme une zone économique spéciale, le gouvernement ontarien pourrait suspendre certains règlements municipaux et lois provinciales, mais cette loi n’a pas encore été testée devant les tribunaux.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a demandé à Doug Ford de rendre les terrains concernés à la ville, affirmant que le Conseil municipal s’était opposé à cet excès de pouvoir. À la suite de la décision fédérale, l’Ontario n’a pas encore commenté si les terrains allaient être retournés à la Ville de Toronto.
Source : Radio-Canada
